« Doucement » : entre coopération et interculturel

Par Jeanne Bergeron-Lavoie

Aéroport de Pierre-Elliot Trudeau, le sac à dos est rempli des meilleures intentions. On s’imagine changer le monde, une aventure à la fois. Mais les mordus de coopération internationale l’apprennent rapidement : les coopérants et coopérantes reçoivent davantage en savoir et en valeurs qu’ils et elles ne peuvent offrir. On apprend, on s’imprègne, on explore. Contrairement à la croyance populaire, faire de la coopération, c’est apprendre davantage que donner. C’est ce que réalisent les étudiants et étudiantes en stage de coopération internationale au Bénin avec le Groupe de Collaboration internationale de l’Université de Sherbrooke (GCIUS).

Mine de savoir

Tout d’abord, les coopérants et coopérantes reçoivent un accès privilégié à la culture du pays d’accueil. Certes, l’accès à l’information n’a jamais été aussi simple et facile qu’à l’heure actuelle pour tous et toutes. Il est possible de lire — de voir, même — sur la faune et la flore, sur l’art et la culture d’un pays, grâce aux livres, aux encyclopédies en ligne, aux séries documentaires, etc. Toutefois, comme nous l’indique Quentin Laborne, étudiant en études politiques appliquées et stagiaire au Bénin, il y a des choses dont il est impossible de s’imprégner ailleurs que sur le terrain : « les odeurs, les sensations, les émotions, les attentions. S’il est possible d’avoir accès à des cours de langue à Montréal, de souper dans un restaurant spécialisé, ou encore d’entendre un conteur africain, aucune de ces sensations ne rivalise avec celles de négocier en Idatcha sous la chaude pluie battante de Dassa-Zoumè, de cuisiner l’igname pilée dans le fond d’une cour ensablée avec sa mère d’accueil, ou de s’asseoir avec un ancien dans le fond d’un camion surchargé en route vers Cotonou. C’est donc une mine de savoir et sensations à notre portée : un privilège ».

Philosophie de vie

En parallèle, les stagiaires apprennent à adopter une nouvelle philosophie de vie. Ayant passé toute leur vie dans une communauté occidentale où des valeurs d’efficacité, de ponctualité, de performance sont prônées, ils apprennent à vivre avec une nouvelle communauté qui ne suit pas les mêmes standards et les mêmes normes. Les participants et participantes se retrouvent confrontés à une vision de la vie bien différente de la leur. Par exemple, quand avez-vous salué pour la dernière fois un inconnu croisé dans la rue ou dans l’autobus ? Ces personnes qui croisent notre chemin, mais dont l’histoire nous échappe. Bastien Périard, étudiant en génie électrique et stagiaire au Bénin, nous partage son expérience où il a appris à prendre le temps. Tous les matins, il croise les mêmes personnes sur le chemin pour se rendre à son lieu de travail. Enfin, il peut prendre le temps, chaque jour, de les saluer et d’échanger quelques paroles avec ces inconnus, ce qu’il ne faisait pas au Québec, et à quoi il aspire pourtant. Un stage de coopération internationale permet d’effectuer une introspection sur ses habitudes, son mode de vie et ses valeurs.

En bref

« Doucement », comme le disent les Béninois pour prévenir le danger, c’est un peu un rappel à l’ordre pour les coopérants et coopérantes : une façon de se rappeler de ne pas bousculer les choses, d’être attentifs et attentives à ce qui nous entoure, et surtout, d’en profiter.

P.-S. – Vous êtes intéressés ou intéressées par un stage de coopération internationale ? Peu importe votre domaine d’étude, n’hésitez pas à entrer en contact avec le GCIUS pour obtenir davantage d’information.

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