vrak.tv_petitFaire un film sur l’adolescence est un défi que peu de réalisateurs et scénaristes ont réussi. Pensez seulement à la série Twilight, remplie de clichés et de dialogues ridicules (de bonnes comédies me direz-vous). Et c’est d’autant plus difficile d’en faire un du point de vue du gars, puisque, selon la croyance hollywoodienne, la seule chose qu’un adolescent typique puisse vouloir faire dans sa tendre jeunesse native est de perdre sa virginité, alors que le reste importe peu.

Simon-Pierre Gagnon

Alors que la bande-annonce de 1987 nous dévoile des thèmes tels que (surprise) la perte de virginité, les hormones dans le tapis, les conflits avec les parents et autres clichés d’un tel genre, il est de mise de se poser la question si le film réussit à se sortir du lot tous comptes faits.

Eh bien, OUI. Et j’arrêterais la critique là parce que ça résume parfaitement mon opinion sur le sujet, mais je continuerai pour ceux qui aiment lire.

Le film a tout d’abord ce sentiment de nostalgie qui revient, l’élément spécial qui avait rendu 1981 si excellent. Les références culturelles, les modes du temps, la musique populaire, les enjeux sociaux du temps… cette soupe de souvenirs que nous sert Ricardo Trogi est des plus savoureuses, même pour quelqu’un comme moi qui ne peut en comprendre la moitié, n’ayant pas vécu la douce époque des années 80.

Cela vient surtout de cette ouverture que le réalisateur fait au spectateur. Trogi délaisse le discours « Voici mon histoire » qui accompagne les films autobiographiques et emprunte une approche du type « Te rappelles-tu quand…? », plus près du public. Le film joue entre rires et pleurs, entre mensonge et vérité, entre critiques de la société d’hier et d’aujourd’hui et anecdotes du quotidien.

Et que de fous rires ce film produit! Du début à la fin, le scénario est délectable et provocant. Même si certaines blagues jouent sur la facilité, le jeu des acteurs et l’impeccable mise en scène rend 1987 rempli de moments que vous sortirez à vos amis lors de soupers mondains, de dégustations de fromages, de soirées au cirque (l’occasion viendra bien).

Il faut saluer ici, de nouveau après 1981, la prestation formidable de Jean-Carl Boucher dans le rôle de Ricardo Trogi, qui rend son côté nonchalant et provocant si percutant. Sans oublier Sandrine Bisson, qui avait gagné le Jutra 2010 de la meilleure actrice de soutien pour le rôle de la mère de Ricardo, rôle qu’elle enfile toujours aussi à merveille et qui nous donne elle aussi des scènes mémorables.

Bref, je n’avais point ri de la sorte au cinéma depuis un bon moment déjà. Et je souhaite de tout cœur avoir droit à un 1993!

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