Hip-hop engagé
27 mai 2007
Les Moines de rue, c’est Pur, le beat maker, Sage, l’auteur et StivyWizzy, «la grosse voix». Leur deuxième prix au concours québécois Hip-hop 4ever en 2005 leur a permis de se tailler une place dans l’univers musical québécois et de faire ainsi entendre leur voix.
Les trois jeunes hommes âgés entre 21 et 25 ans sont liés par une amitié de longue date. Ils ont uni leur amour commun du hip-hop en 2003 pour former Moines de rue. «L’histoire du groupe peut être résumée en deux mots: fraternité et amitié. On voulait voir cette histoire d’amitié se transformer en aventure musicale», raconte Sage.
Comme les membres de Moines de rue s’expriment par le biais de textes très engagés, le hip-hop s’est imposé comme le meilleur moyen de transmettre leur opinion. «Le hip-hop a vu le jour dans les années 80-90, dans les ghettos de New York, afin de dénoncer les bavures policières de l’époque. Le but essentiel du rythm and poetry (RAP) est, à la base, de dénoncer, de passer le message», explique Sage.
Le nom du trio révèle sa nature à la fois réfléchie et revendicatrice. «Un moine se doit de laisser ses désirs et ses envies de réussite matérielle de côté pour faire place à une réussite spirituelle. Et puisque c’est assez difficile, nous avons ajouté “de rue”, histoire de nous laisser quelques libertés», précisent les membres du groupe.
Chacun son style
Ainsi, exit du monde des Moines de rue le gangsta rap, les femmes objets et les insultes gratuites qui font aujourd’hui la réputation de la plupart des groupes de hip-hop américains. Moines de rue, inspiré par les pionniers du rap français tels IAM et Fabe, chantent des textes sur la société et la politique. «Avec la situation politique actuelle du monde, les politiciens et les idiots qui dirigent notre société sont une source d’inspiration infinie». La chanson Cercle vicieux, par exemple, «décrit l’héritage de la pauvreté que plusieurs parents lèguent à leurs enfants. Nos thèmes ne sont pas seulement sérieux, nous faisons la fête dans plusieurs de nos chansons. Seulement, nous nous donnons un objectif de message à passer», ajoute Sage.
Malgré tout, les membres de Moines de rue disent avoir du respect pour tous les groupes hip-hop, peu importe leurs thèmes de prédilection. «À la base, le rappeur raconte son quotidien, son vécu. Le rappeur des années 90 vivait dans les ghettos, mais par leur musique, plusieurs rappeurs ont connu un succès énorme, et les millions de dollars ont suivi. Par conséquent, le quotidien du rappeur est devenu la réussite par n’importe quel moyen. Le mouvement gangsta rap a pris naissance dans cette volonté de graduer dans la hiérarchie capitaliste de la société», constate Sage.
Variété musicale
Les trois membres du groupe, en raison de leur différence d’âge, ont des préférences musicales variées: techno, dancehall, old school et antillaise ne sont que quelques exemples. Cette diversité est la source de la variété musicale de leur premier album, sorti en 2007, Matricule HH. Du slam aux rythmes pour danser, les voix de Sage, Pur et StivyWizzy créent une ambiance éclatée et sans cesse renouvelée. La plume habile de Sage enchaîne rimes et figures de style qui sont source de joie pour les oreilles et de réflexion pour l’esprit.
Sage, Pur et StivyWizzy ont énormément de plaisir à monter sur scène pour faire de la musique devant un public intéressé, mais ils sont aussi conscients de la quasi-impossibilité pour les groupes hip-hop québécois de vivre de leur musique. «Cela prend bien sûr une grosse part de notre vie, mais le monde de l’industrie musicale est si imprévisible que l’on se doit d’avoir un échappatoire, dont le travail et les études», constatent-ils.
Un deuxième album dans la même veine que Matricule HH est prévu pour le printemps 2008. Entre temps, le groupe se produira dans plusieurs universités et cégeps québécois lors d’une tournée prévue pour l’automne 2007.
Vous avez quelques chose à ajouter ou une question à poser...
Vous avez quelque chose à dire?



