Carrefour de l’information nouveau genre
27 mai 2007
Depuis près d’un an, le local du Regroupement autonome des jeunes (RAJ) abrite le projet Biblibertaire. Depuis son déménagement au 101, rue Ball le premier juillet dernier, ce projet de bibliothèque libre a su mieux se définir et prendre sa place au sein de la communauté étudiante.
Financée presque exclusivement par le Regroupement autonome des jeunes (RAJ), la Biblibertaire n’a que très peu de dépenses et adopte une philosophie de recyclage et de minimalisme. C’est un lieu de rencontre et de discussions où une collection de livres, de magazines et de DVD (offerts en grande partie par des âmes généreuses) est mise à la disposition de tous. De plus, deux postes d’ordinateur avec Internet sans fil sont accessibles aux visiteurs pour permettre une diffusion de l’information et un libre accès à la connaissance.
La Biblibertaire est aussi un local propice à l’éclosion de discussions à propos «d’enjeux sociaux qui sont marginalisés dans les médias de masse, de choses dont on ne parle pas beaucoup habituellement et qui nous concernent et qui concernent les peuples à travers le monde», explique Christian Thiffault, le bibliothécaire attitré de la Biblibertaire.
Livres rares
La Biblibertaire, comme son nom l’indique, est un espace sans contraintes. De ce fait, l’emprunt de livres et de DVD n’est pas réglementé. Il suffit de signer son nom dans un registre pour garder le livre ou le DVD aussi longtemps que désiré.
Malgré sa taille modeste, la collection de livres de la Biblibertaire mérite qu’on y jette un coup d’œil. «On a certains livres sur l’histoire des Noirs, la révolution en Argentine ou les complots de la CIA, par exemple, qui sont très difficiles à trouver dans les bibliothèques municipales et les universités. Nos livres apportent des perspectives marginales très intéressantes dans un contexte d’étude», souligne Christian.
La majorité de la bibliothèque est constituée de livres sur la philosophie, la politique, l’histoire et les sciences sociales, mais comporte également quelques romans classiques, de la poésie, du théâtre et des romans contemporains. Quant à la petite collection de DVD, elle contient des films engagés traitant d’impérialisme, de luttes ouvrières, du mouvement punk et anarchiste, pour ne nommer que ceux-là.
Créer des liens
«Dans la société, il y a beaucoup d’atomisation, déplore Christian. Une des raisons pour lesquelles ce lieu existe, c’est pour essayer de contrer cette atomisation qui divise les gens et les amènent à se replier sur eux-mêmes, à rester dans leur bulle», explique-t-il. Ainsi, hippies et anarchistes peuvent échanger paisiblement dans cet espace convivial et accessible. «Le local permet que les gens viennent se rencontrer, se parler. On va au delà des différences culturelles, on doit pouvoir créer des liens au-delà de ça», soutient Christian.
La Biblibertaire sert aussi de lien entre le campus universitaire et le campus du cégep. «Le facteur physique joue plus qu’on ne le pense. Le fait qu’on soit à mi-chemin entre les deux, qu’on soit accessible et au-dessus du salon de thé fait que c’est un carrefour de l’information où les gens peuvent passer n’importe quand pour venir s’informer. Les groupes d’étudiants peuvent aussi user de la Biblibertaire comme d’un local de rencontre privé aussi longtemps que nécessaire.
Malgré le taux de fréquentation à la baisse durant l’été, la Biblibertaire accueille environ cinq personnes par jour. «Les gens disent que c’est bien d’avoir une place comme ça où ils peuvent venir chercher des livres. Dans le nouveau local, les gens sont plus portés à venir et à considérer ce qu’il y a ici avec sérieux», se réjouit Christian, qui s’attend à un meilleur achalandage pour l’automne.
La Biblibertaire est ouverte du lundi au vendredi approximativement de 13 h à 19 h.
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