Biocarburants: vers de nouveaux horizons

3 septembre 2007

La demande en pétrole croît à un rythme toujours plus élevé alors que la découverte de nouvelles réserves et la production de pétrole plafonnent. Problème! Mais heureusement, de plus en plus de solutions sont à notre portée et certaines sont même développées à l’UdeS.

Jacques-Benoît Roberge

La situation actuelle alimente une augmentation significative du prix du pétrole, d’autant plus que les systèmes de transport modernes dépendent fortement de l’énergie fossile non renouvelable. Des carburants provenant de sources renouvelables doivent donc être développés dans un proche avenir, et c’est d’ailleurs dans cette ligne que le gouvernement du Québec cible un contenu de 5 % d’éthanol dans l’essence vendue au Québec d’ici 2012.
Beaucoup d’espoirs se sont ainsi fondés sur les biocarburants sous forme liquide, ces derniers étant produits à partir de matériaux organiques renouvelables et non fossiles. Dans cette optique, l’équipe de recherche universitaire P-Fuel s’intéresse à des biocarburants nouvelle génération.

C’est que les biocarburants de première génération, tel l’éthanol traditionnel, comportent des inconvénients majeurs qui en limitent le développement. En effet, l’éthanol, produit par un procédé biologique, comporte une faible densité énergétique et constitue un carburant fort volatile. En plus, ce type de carburant de première génération entre en concurrence avec l’agriculture destinée aux humains. À titre d’exemple, le tortilla, un aliment de base au Mexique, a connu une augmentation de prix significative depuis qu’une part importante de la production mexicaine de maïs est exportée aux États-Unis en vue de générer de l’éthanol, ce qui se trouve à être assez nuisible pour des populations pauvres.

Des chercheurs de l’UdeS à la rescousse

Les biocarburants de nouvelle génération offrent toutefois un potentiel important en vue de répondre aux défauts de l’éthanol traditionnel. L’équipe de recherche de l’Université de Sherbrooke de même qu’une autre équipe de l’Université du Wisconsin s’affairent donc à développer un procédé chimique employant un catalyseur afin de générer un meilleur biocarburant qui comporterait une densité d’énergie de l’ordre de 40 % supérieure à l’éthanol de première génération. Ce nouvel éthanol, l’éthanol cellulosique est moins volatile et peut être généré à partir de la résine de biomasse.

Il n’entre ainsi pas en concurrence avec les sources d’aliments humains. Selon Jean-Francois Morin, étudiant chercheur à la Faculté de génie, «une production basée sur les résidus non valorisés des végétaux, telles les pailles, permettant de contourner la problématique de la production agricole du maïs. Toutefois, les quantités disponibles sont limitées.» C’est la raison pour laquelle l’équipe P-Fuel s’intéresse plus particulièrement à la biomasse lignocellulosique forestière résiduelle: «C’est la voie à suivre, car elle est disponible et son utilisation rationnelle aidera à mieux régénérer la forêt.»

Le projet vise également à réduire les émissions de gaz à effet de serre par le développement d’un biocarburant à faible émission. Une usine pilote sera lancée prochainement dans la région sherbrookoise en vue de démontrer la viabilité commerciale du procédé catalytique innovateur développé par l’équipe P-Fuel.

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