Poutine politique en Russie
28 novembre 2007
Au pouvoir depuis 2000, Vladimir Poutine doit, selon la constitution russe, quitter la présidence après deux mandats consécutifs, ce qui aura lieu en mars prochain. Portrait d’un homme dont les intentions sont plus ambiguës que jamais.
Isabelle Fortin
Bénéficiant d’un taux de satisfaction extrêmement élevé, soit près de 80 %, Vladimir Poutine pourrait sans grande difficulté se faire réélire à la tête de la Russie. L’augmentation du niveau de vie grâce aux exportations de pétrole et de gaz naturel ainsi que son attitude ferme face aux grandes puissances pour redonner son importance d’antan à la Russie lui permettent de jouir d’un appui sans égal au sein de la population.
Ce niveau de popularité déteint sur son parti, Russie Unie, seule force politique importante dans le pays, tandis que les libéraux ou les communistes ne rassemblent jamais plus de 10 % de la population russe. Les élections législatives du 2 décembre prochain devraient à nouveau confirmer l’importance de Russie Unie dans la vie politique du pays, mais les résultats de ce suffrage seront déterminants pour les choix de Poutine sur son avenir politique.
Président ou premier ministre?
Lorsqu’il a donné officiellement son appui à Russie Unie en septembre dernier, plusieurs rumeurs projetaient Vladimir Poutine au poste de premier ministre de la Russie, poste qui n’a toutefois pas l’aura de celui de président. En devenant premier ministre, il pourrait tout de même jouer un rôle important dans la politique russe et il occuperait une place de choix pour reprendre la présidence en 2012. Mais surtout, il aurait la possibilité de faire élire un illustre inconnu au poste de président dans le but d’accaparer les pouvoirs qui incombent à cette fonction.
Toutefois, le scénario le plus probable présentement, selon des spécialistes rencontrés par La Presse qui se sont prononcés sur la question, serait que Poutine considérera le résultat de l’élection de décembre comme un vote sur sa présidence. Si Russie Unie reçoit un appui très important, il estimerait l’élection comme une demande du peuple russe pour qu’il reste en poste et modifierait la constitution pour rester en place quatre ans de plus.
Si ce scénario se produit, Vladimir Poutine aura toutes les cartes en main pour poursuivre sa politique de verticalité du pouvoir grâce à laquelle il bâillonne l’opposition, empêche les manifestations opposées à son régime et centralise tous les pouvoirs entre les mains de ses hommes à Moscou, au détriment des régions de cet immense pays qu’est la Russie.
La junte militaire
Depuis les quarante dernières années, la Birmanie est contrôlée par une dictature militaire oppressive. En 1988, des manifestations pacifiques avaient été organisées contre le pouvoir établi. Bilan: 3000 civils tués par l’armée. L’oppression des moines bouddhistes rappelle actuellement cette situation et plusieurs civils ont déjà trouvé la mort lors de manifestations. Les principales manifestations, dans les villes de Mandalay et Yagoun, demande désormais le retrait de la junte militaire et la mise en place d’un système démocratique.
BZZZZZZZZ!
«Il est possible de signer une pétition pour faire changer les choses de l’extérieur, car le peuple birman, même en manifestant, n’a plus le pouvoir de changer le faire.»
État d’urgence en Géorgie
Les tensions entre la Géorgie, ancienne république soviétique, et la Russie sont ravivées alors que le président pro-occidental, Mikhaïl Saakachvili, a expulsé du pays des membres de l’ambassade russe suite aux manifestations qui ont lieues depuis le début du mois de novembre et qui seraient, selon lui, commanditées par Moscou. Le 7 novembre, Saakachvili a décrété l’état d’urgence dans le pays pour quinze jours et a déclenché des élections anticipées en janvier pour mettre fin aux protestations contre son régime qui a pris le pouvoir lors de la révolution des roses en 2003.
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