Répression en Birmanie
28 novembre 2007
5 septembre 2007: la junte militaire birmane frappe les moines lors d’une manifestation à Pakokku, les protestations fusent de partout en Birmanie. On déplore l’arrestation inopinée de nombreux moines, ainsi que les méthodes utilisées par les autorités pour contrevenir aux revendicateurs.
Isabelle Morin
«J’ai vraiment été surprise lorsque je voulais visiter le temple bouddhiste d’une grande ville, la paya de Shedagon à Yagoun, et que j’y ai trouvé des militaires plutôt que des moines», affirme Valérie Genest, une étudiante française présentement en vacances en Birmanie.
À l’heure actuelle, des centaines de milliers de personnes, étudiants, travailleurs, paysans, professionnels, membres de la Ligue Nationale pour la Démocratie, se sont joint à eux dans les manifestations qui ont cours à travers le pays. Les manifestations ont principalement lieu à Mandalay et à Yagoun, mais tout le pays est inondé de requêtes de la part de la population qui offre son appui aux moines.
Afin de maintenir l’ordre, l’armée mate violemment le soulèvement en battant les manifestants à coups de matraque, en tirant des coups de feu en direction des foules, en arrêtant des milliers de moines et de civils, en faisant des descentes dans les monastères, en fermant les lieux de prières, les universités, rendant impossible tout regroupement qui pourrait se former en vue de préparer de nouvelles manifestations. Même si le gouvernement militaire parle de dix morts, de nombreuses sources indépendantes multiplient ce nombre.
Une situation écrasante
Valérie Genest raconte que le gouvernement a organisé des manifestations pour répondre à ceux de l’opposition. «J’ai rencontré un père de famille qui me disait être là [à la manifestation] car il s’estimait heureux d’avoir de l’argent pour nourrir sa famille, dit Genest. Les gens vivent dans la peur constante. Parler politique est un sujet tabou, voire très dangereux.»
Dans son cas, l’étudiante a dû sortir du pays afin de parler des manifestations qui se déroulaient en Birmanie, car même les communications vers l’extérieur sont restreintes. De leur côté, les Birmans continuent de se rassembler, toujours plus nombreux, puisque c’est la seule arme qu’ils ont contre la junte militaire. Selon Genest, «les Birmans ne veulent pas la révolution, mais une nette évolution.»
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