Une interprétation à s’y méprendre

29 juillet 2008

Au-delà des regards méprisants et des manigances des pimbêches du secondaire, des filles pas si belles que ça qui tentent tant bien que mal de dissimuler leur faible estime d’elles-mêmes en se faisant craindre par les plus vulnérables, le mépris s’est incrusté de façon beaucoup plus insidieuse dans la société d’aujourd’hui.

Martin David

Peu importe le lieu public, que ce soit au Carrefour de l’Estrie, sur le sentier de la Cité des rivières, dans les bars ou à l’université, le sentiment d’avoir à se justifier et la crainte de ne pas être à sa place sont omniprésents au sein de la population. On s’attend sans cesse à un jugement de la part des gens qui nous entourent.

Ne serait-ce pas simplement une forme de paranoïa collective qui accorde au mépris une place démesurée dans notre perception de la vie sociétale? Selon moi, le mépris négatif au sens où on l’entend existe, mais avec une ampleur moindre à celle qu’on est tentée de reconnaître.

Trois différentes formes de comportement pouvant mener à une fausse perception du mépris sont perceptibles dans la société: la timidité, une réaction appréhendée et l’attitude.

La timidité, bien qu’elle incarne un sentiment très distinct du mépris, est souvent confondue avec celui-ci. Ce sentiment se manifeste par un manque d’audace de la personne qui le ressent. Dans une situation de communication, celle-ci désire s’entretenir avec quelqu’un qu’elle trouve digne d’intérêt, ce qui ne serait pas le cas si elle lui témoignait du mépris, mais elle s’en empêchera par crainte de ne pas être à la hauteur. En résultent en apparence des regards inhabituels qui, aggravés par l’absence de communication, créent indubitablement un malaise. Pour se défaire de cette situation incommodante, le timide aura tendance à éviter de croiser l’individu en question. Aux yeux du témoin de cette démonstration de gêne, le timide n’aurait sans doute aucune raison de se sous-estimer à son égard et le témoin aura tendance à associer une telle situation d’évitement à un sentiment négatif.

Les réactions chez certains témoins de situations inhabituelles, majoritairement comportementales, sont souvent associées au mépris. Dépendamment de la nature de la situation et dépendamment du bagage de ceux-ci, la réaction peut être l’objet de toute une gamme d’émotions, qu’elles soient positives ou négatives. Malheureusement, dans ce genre de situation, en voyant une réaction, la personne en cause portera elle-même un jugement sur son propre comportement sans trop porter attention à la réponse en soi. Le mépris est souvent une des premières choses à nous venir en tête pour l’interpréter.

L’attitude, comme je l’appelle, est une forme de mépris qui n’est présente qu’en apparence. Cette attitude, utilisée dans la promotion de la mode, entre autres, est un critère de plus dans l’image que devrait avoir une personne désirable. Un air désintéressé mettant en valeur le rôle de l’orgueil dans le jeu de la séduction se veut un moyen détourné d’attirer l’attention. Il peut cependant s’avérer très blessant s’il est mal interprété.

Le mépris, qu’il soit intentionnel ou non, témoigne d’une divergence d’interprétation entre le locuteur et le récepteur quant au message transmis. Que dire d’une telle erreur qui survient dans la communication sous sa plus simple expression, alors que sur cette base, l’homme a édifié un réseau de communication avec ô combien plus d’envergure? Comment être certains que nous parvenons à bien interpréter tous les messages

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