Coupe Rogers: Montréal a vibré dans la surprise
18 août 2008
Le tournoi de la Coupe Rogers à Montréal s’est déroulé d’une façon particulière cette année. Malgré tout, Montréal a prouvé encore une fois qu’elle était une ville de sport. Les amateurs de tennis se sont regroupés en masse pour voir les meilleures joueuses. Des surprises inattendues ont toutefois volé le spectacle.
Marc-André Lajeunesse
La pluie n’a cessé de tomber, compliquant la vie aux joueuses et au public. L’Italienne Francesca Schiavone s’est fait interrompre trois fois dans son seul duel pour finalement perdre ses moyens et le match. Et que dire de Marion Bartoli, qui a enguirlandé le directeur de l’événement, Eugène Lapierre, après que celui-ci ait décidé de déplacer la joueuse du terrain central au terrain Banque Nationale à cause de la pluie? Quinzième joueuse mondiale lors du tournoi, Bartoli a perdu le match qu’elle menait avant l’interruption.
La finale, non plus, n’a pas été celle attendue. Dinara Safina et Dominika Cibulkova ont croisé le fer, alors que tous les analystes et les amateurs voyaient au moins une Ivanovic ou une Sharapova en finale. Juge de ligne à l’événement, M. Benoît Meilleur était bien placé pour commenter les performances des femmes: «Évidemment, plusieurs s’attendaient à mieux des têtes de séries, mais Ivanovic s’est blessée à un pouce et Sharapova à l’épaule droite.» Des joueuses plutôt méconnues des spectateurs ont toutefois profité de l’opportunité pour se faire un nom: «La relève est assurée. On a qu’à penser à Safina, gagnante de la Coupe Rogers, qui est considérée comme la joueuse de l’heure, ou Michelle Larcher de Brito, qui n’a que 15 ans, mais qui est pour plusieurs une future numéro un mondiale.»
Mais tout le monde s’entend pour dire que les organisateurs de la Coupe Rogers s’en sont drôlement bien sorti. Le produit offert aux amateurs aurait pu être bien moindre vu la proximité temporelle du tournoi avec celui des Jeux olympiques de Pékin. Heureusement, la plupart des joueuses ont décidé de repousser leur repos à plus tard et Montréal a pu compter sur un tableau de très haut niveau.
M. Meilleur nous décrit l’atmosphère dont était empreint le Parc Jarry tout au long de la semaine de compétition: «On avait droit à une ambiance de fête sur le site. Avec toutes les activités pour les jeunes, les restaurants, les terrasses et la galerie de kiosques, les partisans avaient amplement à faire et à voir durant leur journée au parc Jarry.» Et quand venait le temps pour les Québécoises Alexandra Wozniak et Stéphanie Dubois de s’amener sur le court: «C’était comme au Centre Bell, la foule était survoltée!»
En définitive, le bilan de la Coupe Rogers à Montréal est très positif. Malgré la pluie, le tournoi a comptabilisé la deuxième plus grande assistance de son histoire. «M. Lapierre a de quoi être fier de l’achalandage. Dans les rondes de la fin de semaine, plusieurs amateurs ont répondu à l’appel malgré la chute des principales têtes de série de la WTA», explique le juge de ligne. C’est effectivement une preuve que Montréal a vibré.
Selon M. Meilleur, la Coupe Rogers de Toronto, qui accueillait les joueurs masculins, a été une copie conforme de l’édition montréalaise. Même si au tennis féminin, à l’heure actuelle, il n’y a pas de joueuse qui domine outrageusement son sport, le spectacle n’aurait pas été de meilleure qualité avec les Federer, Nadal, Djokovic et compagnie. «À Toronto, au lendemain de la défaite de Federer dès son premier match, on a assisté à une hécatombe chez les favoris: Davydenko, Ferrer et Roddick ont tous été éliminés.» En demi-finale, le tournoi comptait sur Rafael Nadal et Andy Murray, alors que l’autre demi-finaliste le mieux classé était 22e au monde. Il n’y a pas qu’à Montréal qu’on a eu droit à des surprises…
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