Les bagarres au hockey
30 septembre 2008
L’idée m’est venue d’écrire au sujet des bagarres dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Une dernière et bonne fois pour toute.
Je suis complètement blasé d’en entendre parler. C’est quoi le problème avec les bagarres, après tout? Comme si, en 2008, on n’était pas assez civilisé pour se taper dessus de manière encadrée!
En ce qui concerne la question à savoir s’il fallait, oui ou non, les interdire, je crois qu’il s’agissait d’un faux débat.
Qui d’entre vous s’insurgera contre Georges Laraque, nouvellement du Canadien de Montréal, lorsqu’il corrigera le premier qui aura le malheur de s’attaquer à Alex Kovalev?
Pourquoi ce ne serait pas correct que deux hommes en patins en viennent aux coups?
D’autres athlètes comme Lucian Bute ou Joachin Alcine n’ont pas de difficulté à vendre leurs billets pour des galas de boxe. Actuellement, Georges St-Pierre représente également une des grandes fiertés des amateurs de sport québécois et c’est un champion de combat ultime.
C’est quoi le problème alors?
Le problème, c’est la violence. La violence, ce n’est pas une bagarre. En tout cas, pas dans les sports.
Faire violence, c’est agir sur quelqu’un ou le faire agir contre sa volonté et se bagarrer, par extension, veut dire se quereller. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Le Robert.
C’est pourquoi le commissaire Gilles Courteau et son comité ont très bien cerné les problèmes de la Ligue. Ils ont concentré leurs énergies aux bons endroits en punissant plus sévèrement les gestes violents et en conservant l’immuable cinq minutes de pénalité pour s’être battu. La ministre Courchesne, qui souhaitait éradiquer les bagarres après l’incident Roy-Nadeau, a fait preuve d’un manque de discernement. Si Bobby Nadeau avait jeté les gants devant Roy, personne n’en aurait parlé. Mais quand tu frappes une personne non consentante, c’est une agression. Une agression, c’est violent.
En réalité, ce qui n’a pas sa place au hockey, ce sont les coups salauds comme les coups de bâtons, les coups de coudes, les joueurs qui sortent le genou, etc. C’est ce qui a tendance à faire sauter la marmite des joueurs. Mais ça, la ministre Courchesne ne l’a pas compris et elle a fait chou blanc. Elle prétendait être en mesure de chambarder l’essence du hockey, mais en vérité, elle a eu ce dossier entre les mains parce que les médias ont bien voulu le lui offrir sur un plateau d’argent. Les bagarres, les gens les apprécient, alors les médias en ont profité pour présenter les images en boucle de la raclée du «samedi saint», gracieuseté de Jonathan Roy. Ça remplit bien les pages et les bulletins de nouvelles, mais ça ne méritait pas une telle couverture.
Oui, au final, le dossier se termine bien pour la simple et bonne raison que Gilles Courteau a fait la part des choses.
La tête dans le sable
Ce qui m’exaspère beaucoup, également, c’est que lorsque l’on aborde la fameuse question citée plus haut, on en revient toujours au classique «Ouin, mais en même temps, ça a toujours fait partie du hockey.» Pourquoi ne pas tout simplement assumer que les combats peuvent parfois faire partie intégrante du spectacle? La tenue d’un Superbowl n’empêche aucunement la tenue d’un «show de la mi-temps». Si certaines ligues, comme la Ligue nord-américaine de Hockey (LNAH), en font pratiquement leur gagne-pain, je ne vois pas en quoi les combats ne pourraient pas, de manière plus nuancée, représenter un excellent «sul side» pour un calibre déjà très excitant à regarder.
Pour terminer, en ce qui concerne la violence au hockey, ne serait-il pas pertinent d’avoir un comité qui se pencherait sur des moyens d’enrayer celle qui éclate depuis les estrades?
Charles Beaudoin
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