Marc-André Lajeunesse
Quoi? C’est déjà terminé? Ou presque…
Les sports d’été qui nous ont tenus en haleine et gardés rivés sur nos sièges complètent leur dernier droit. Non pas qu’ils quittent nécessairement à l’arrivée de l’automne, mais parce que le hockey s’amène, fier, costaud, énergique, sur les ondes de RDS, le réseau des sports. Au revoir Formule 1, bye bye baseball, à bientôt soccer, adieu tennis…
«Dieu que c’est plaisant une bonne partie de hockey!» Ce commentaire, on l’a tous déjà formulé, bière en main et pizza en bouche.
Alors?
Outre le fait que l’on aime et adore le hockey au Québec, il existe d’autres sports. Beaucoup d’autres sports. Le présent message s’adresse aux amoureux inconditionnels des sports dans leur ensemble. Afin de vous préparer psychologiquement, lisez bien ce qui suit. Dans les mois à venir, syntonisez la chaîne RDS à la télévision et voyez la réalité: un bulletin matinal d’informations dont plus du tiers du contenu est réservé à la magnificence du Canadien de Montréal et des activités à l’intérieur de la Ligue nationale. Même son de cloche pour ce qui est du bulletin d’après-midi, mais avec des nouvelles fraîches cette fois. Et que dire des soirées, ce moment sacré où s’unissent en chœur les amateurs de hockey. On termine le tout avec un programme d’après-match d’une heure pour finalement aboutir à un bulletin de nouvelles récapitulatives de ce qui vient tout juste d’être abordé.
Pendant ce temps, ceux que le hockey rebute n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent. Mais dans la journée, quand tout le monde ne regarde pas la télévision, allez, hop! un petit peu de tennis, une touche de soccer et un soupçon de tout le reste.
Faudrait-il voir apparaître un compétiteur à RDS pour espérer y retrouver un contenu plus varié? Dans ces conditions, le réseau des sports serait forcé d’être de bien meilleure qualité. Je mets l’idée sur la table et quoi qu’on en dise, accroître la crédibilité de cette chaîne, ce ne serait pas du luxe.
RDS est vendu au sport national. Et vous le saviez. Nous le savions tous. Ça ne dérange pas tout le monde, mais ça ne rend indifférent personne. Si seulement la seule chaîne francophone spécialisée dans la diffusion des sports déguisait mieux son jeu…
Elle a souvent fait l’objet de critiques à propos de son objectivité à l’occasion, ma foi, discrète, sinon transparente. L’esprit partisan en anime plus d’un dans le lot! C’est un peu normal quand l’équipe est composée d’anciens du Canadien comme Jacques Demers et Benoit Brunet. L’analyste Normand Flynn a du mal à cacher son faible pour Montréal, de même pour le Baron Alain Chantelois qui, entre deux propos rageurs, avoue ne pas dormir quand son équipe chérie encaisse une série de défaites. Oui, c’est normal! On les aime, nos Canadiens.
Mais dans le métier de journaliste… c’est autre chose. Retenez-vous, les garçons!
Ok. Parlons business. On peut comprendre Gerry Frappier, président et directeur général de RDS, de viser les grosses cotes d’écoute. En temps convenu, qu’est-ce qu’on encense et voit le plus souvent à la télé? Le hockey. Peut-on vraiment en vouloir à RDS? Oui et non. Tout dépend où l’amateur se place et de ses champs d’intérêt.
Tout est tellement subjectif tout à coup.

