Cœur de pirate, Béatrice Martin, Grosse Boîte, 2008.
Valérie Godhue
Béatrice Martin, alias Cœur de pirate, présente son premier album, éponyme, après plusieurs mois de tournée au Québec. Les plus chanceux l’auront déjà vu au Téléphone Rouge ou aux Francofolies.
À la première écoute, on reçoit une grosse bouffée de douceur mélancolique, on se sent bien. Puis, on remet l’album une deuxième fois et on compare: la mélodie, l’instrumentation, même l’accent et la prononciation de l’artiste rappellent Pierre Lapointe. Un bon point? Oui, surtout pour les amateurs du style! Le piano s’impose, majeur, central, maître des pièces qui se succèdent en nous berçant; par-dessus s’élève une voix claire, plus proche du chuchotement d’une enfant que d’un cri à la Céline. Elle chante l’amour, la mort, le regret ou le rêve… Les sons se marient naturellement, comme un charme.
Quelques jours après m’être procuré ce bijou, je l’écoute toujours avec l’oreille en mode découverte. Mais toi tu ne sais pas que je t’aurais tout donné / Le jour où dans tes lunettes mon regard s’est plongé: cette phrase me fait sourire. J’apprécie quelques notes de clarinette, je me laisse porter au son du violon sans jamais me lasser. Je réécoute Intermission, parce que la progression du piano me fait tellement penser à celle de Pointant le Nord, de Pierre Lapointe. Et je souris, à personne, à rien.
Je regarde la pochette et me dis qu’elle a l’air bien jeune, cette fille. En effet, c’est du haut de ses 18 ans bien sonnés que Béatrice nous offre une parcelle de son univers. On ne peut qu’imaginer la carrière prometteuse qui l’attend! Cœur de pirate, c’est comme rencontrer l’âme sœur au tournant d’une ruelle et savoir instantanément qu’on va passer sa vie avec elle. Un coup de foudre. Un coup de cœur. Un rendez-vous à ne pas rater pour tout musivore.

