Dans le cadre de la campagne électorale fédérale, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, est venu s’adresser aux étudiants de l’Université de Sherbrooke le mercredi 10 septembre dernier.
Joël Lagrandeur
Au son de son thème de campagne que le député de Laurier-Sainte-Marie à la Chambre des communes a fait son apparition au salon Mont-Bellevue du Centre culturel de l’UdeS, accompagné de son député de la circonscription de Sherbrooke, Serge Cardin. Brièvement introduit par ce dernier, M. Duceppe a ensuite pris la parole devant une foule d’environ 250 personnes pour faire un discours dénonçant principalement les politiques du gouvernement conservateur.
D’entrée de jeu, M. Duceppe a accusé Stephen Harper d’avoir déclenché des élections dans le but d’obtenir un gouvernement majoritaire. Il s’est ensuite attardé à détailler le bilan des actions du Parti conservateur au Québec depuis les dernières élections. Il a entre autres dénoncé l’insistance du Premier ministre conservateur sortant à répéter que le déséquilibre fiscal était réglé. «Or, Mario Dumont, Jean Charest et Pauline Marois s’entendent tous pour dire que le déséquilibre fiscal n’est pas réglé. Il manque environ 800 millions dans le financement de l’éducation post-secondaire», affirme M. Duceppe.
Du point de vue environnemental, il a rappelé qu’alors que l’Assemblée nationale du Québec avait unanimement adopté le Protocole de Kyoto, le gouvernement conservateur a toujours refusé de l’appliquer: «Stephen Harper préfère faire des cadeaux aux pétrolières. Il a même qualifié le Protocole de Kyoto de complot socialiste!»
Sur le thème du Québec comme nation, M. Duceppe a soutenu que «le cœur d’une nation, c’est la culture» et qu’en couper le financement, c’est «attaquer directement la nation québécoise.» Il a aussi déploré le fait que le député conservateur Jean-Pierre Blackburn se soit «mis à genoux lorsque M. Harper lui a refusé du financement pour le développement des régions.» M. Duceppe a également souligné que M. Harper n’avait pas tenu sa promesse d’offrir un siège pour le Québec à l’UNESCO.
Le chef du Bloc québécois a ensuite fait certains parallèles entre le Parti conservateur et le gouvernement américain de Georges W. Bush, particulièrement sur la décision des deux gouvernements de financer les forces armées au détriment d’autres programmes sociaux. En effet, Harper a annoncé l’ajout de 50 milliards de dollars canadiens destinés à l’amélioration de l’armement en Afghanistan.
M. Duceppe a aussi affirmé que Stephen Harper avait décidé de briser lui-même la règle des élections à date fixe «par peur des différentes enquêtes en cours sur son parti». Par exemple, celle sur l’oubli de l’ex-ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, de documents confidentiels du ministère chez son ex-conjointe, ainsi que l’enquête d’Élections Canada sur le financement de la dernière campagne électorale du Parti conservateur.
En guise de conclusion, M. Duceppe a défendu le rôle du Bloc québécois à la Chambre en expliquant que son parti reste le seul parti apte à défendre au fédéral les points faisant consensus au Québec, et qu’il serait «le seul toujours présent, toujours debout pour le Québec à Ottawa.»

