Depuis 20 ans, l’écart entre les riches et les pauvres s’accentue. Les plus riches contrôlent de plus en plus l’économie et possèdent la majorité de la richesse canadienne pendant que les avoirs des plus démunis chutent considérablement. Mais où sont les supposés avantages des programmes sociaux mis en place par les gouvernements fédéraux? En cette période électorale, je vous inviterais à vous demander si ces programmes servent réellement à offrir des droits égalitaires à tous les citoyens. Pour solutionner cet écart, plusieurs abordent le travail salarié comme étant la clef. Pourtant, le Conseil national sur le bien-être social souligne que les travailleurs représentent la moitié des personnes pauvres aptes au travail.
Plusieurs emplois fédéraux dans différents domaines tels que le transport, les systèmes téléphoniques et les banques sont consignés à un salaire minimum trop faible pour répondre adéquatement aux besoins des travailleurs. Comme l’explique la Commission sur l’examen des normes fédérales du travail, l’augmentation de l’écart entre les revenus coïncide avec la montée de l’économie du «libre-marché», ce qui crée d’innombrables inégalités. En gardant une législation salariale aussi inadaptée, le gouvernement fédéral confine le travailleur à vivre sous le seuil de faible revenu et empêche alors sa propre réalisation. Cette stagnation du salaire minimum fédéral entraîne inévitablement le même processus au niveau provincial, processus clairement inéquitable qui amène l’enrichissement des investisseurs. Ainsi, 75 % de la richesse des ménages est détenue par 20 % des familles les plus riches.
L’assurance-emploi est un autre programme social qui me semble davantage conçu pour augmenter les inégalités. L’ONU a même précisé ses inquiétudes face au faible nombre de travailleurs ayant droits aux prestations, puisque seulement quatre personnes sans emploi sur dix y ont droit. Depuis la réforme des années 90, en plus de diminuer l’accessibilité, le taux de prestations est passé de 66 % du salaire à 55 %. Pourtant, les cotisations ont permis un surplus budgétaire de la caisse de l’assurance-emploi de plus de 57 milliards à ce jour. Mais où est ce surplus, puisqu’il n’a pas été redistribué aux prestataires? A-t-il réellement contribué à diminuer l’inégalité entre les riches et les pauvres? Somme toute, les gouvernements fédéraux précédents doivent le savoir… .
En cette période d’élections, nous devons tous constater que le gouvernement fédéral possède un pouvoir pour diminuer l’écart entre les riches et les pauvres et offrir une société plus juste et équitable. Le libéralisme économique, théorie préconisée par les derniers partis au pouvoir, porte en lui d’énormes enjeux qui ont des conséquences directes sur la vie des plus démunis. Un pays riche comme le nôtre a la possibilité d’enrayer cet écart et de contrer la pauvreté! Nous devons agir, mais nous devons surtout y croire.
Pascale Parent

