Mélanie Jannard
C’est sans prétention que je me permets de répondre à l’éditorial culturel de la dernière parution qui, un peu comme l’ont fait tous les médias, dénonçait le manque de respect inconcevable de l’unique Jean Leloup. Au risque de passer pour une licheuse de fond de culotte ou encore, comme l’a dit Hugo Mudie dans le dernier Bang Bang, pour «une fille de cégep un peu retardo qui trippe encore dessus», je me lance.
«Hey, ça l’air que Jean Leloup a encore été vraiment con à son show à Québec l’autre jour!» Et là, les gens s’excitent. Et on parle de lui. Et lui, il fait la piastre. Sur le dos de ses fans autant que sur celui de ses opposants. Who’s your daddy now? Si j’admire The Wolf, c’est d’abord pour ses textes hallucinants et ses ambiances de fous. Son attitude exécrable me fascine presque tout autant, je dois l’avouer. Suis-je donc la seule éternelle adolescente en pleine rébellion à trouver que son comportement est… drôle? Alors que je me bidonne devant Leloup qui pète un câble à Christiane Charette, certains racontent des blagues sur Cédrika Provencher. Chacun son truc.
On va mettre les choses au clair: on ne se rend pas à un show du Dead Wolf comme à un show de Kaïn. Ce n’est pas un band de petits gars propres qui ont l’air sales qu’on paie pour voir. C’est un gars sale, simplement, un vrai crotté. Si les spectateurs présents au Colisée de Québec, le 30 août dernier, l’avaient oublié, l’acerbe personnage leur a vite rappelé qui il était. Voilà tout: Jean Leloup est un personnage. Pourrait-il, alors, se permettre de dépasser les limites du savoir-vivre? Pourquoi pas.
Revenons à l’émission de Christiane Charette, où Leloup nous a baragouiné une histoire d’Indiens, de reines d’Angleterre et de mangeux de poutine… Après quoi, si certaines personnes ne comprennent toujours pas qu’il s’agit d’un rôle, c’est peut-être parce qu’il le joue trop bien. Bref, ces énervements médiatiques maudissant le cruel Johnny me semblent aussi insipides que ces gens qui lançaient des roches à l’actrice qui jouait la mère d’Aurore. Comme dirait le tendre Mika: «Relax, take it easy.»

