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Categorized | Société

Pourquoi voter?

Posted on 30 septembre 2008 by admin

Les jeunes et la politique

Un sondage Segma-La Presse-Groupe Gesca publié récemment démontre que 60 % de la jeune génération ne s’intéresse peu ou pas à la politique. Selon les analystes, avec l’arrivée de ce groupe d’âge aux urnes, ce faible intérêt devrait continuer à faire chuter le taux de participation aux élections.

Andréanne Laliberté

Selon les statistiques d’Élections Canada, le taux de participation aux élections fédérales est en baisse depuis 1984. À cette date, le taux de participation était de 75 %. En 2006, il se chiffrait à 65 %. Et cette diminution du taux de participation de 10 % en 10 ans risque de continuer à s’accentuer: le taux de participation chez les 18-24 ans aux élections fédérales de 2000 était de 25 %, et d’environ 45 % chez les 25-30 ans. De leur côté, les plus de 58 ans sont toujours les plus nombreux à voter: 80 % d’entre eux ont exercé leur droit de vote en 2000, toujours selon Élections Canada.

Qu’est-ce qui explique ce désintérêt de la jeune génération pour la politique? Il semble que les jeunes dirigent de plus en plus leur engagement social vers les organismes communautaires et les mouvements altermondialistes. L’absence actuelle de personnages charismatiques en politique peut aussi en partie expliquer cette perte d’engouement pour la sphère politique.

Aux États-Unis, on assiste au phénomène chez les jeunes américains qui sont envoûtés par Barack Obama depuis environ un an. Les taux de participation aux élections primaires de l’Iowa et de la Caroline du Sud ont triplé depuis l’élection de 2004, et les nouveaux votes appuient en grande majorité Obama.

Cependant, les candidats charismatiques ne pleuvent pas et, en les attendant, on cherche des solutions pour reconquérir le jeune électorat. La nouvelle loi du gouvernement fédéral, qui établit des élections à date fixe, pourrait peut-être aider à remédier au problème. En effet, selon quelques analystes, des élections à date fixe évitent un cycle électoral trop rapide qui blase les électeurs. Aussi, ce mode d’élection crée un rythme et motive l’électorat, qui sait exactement le jour des élections à l’avance. Bien qu’une telle loi ait été adoptée, le gouvernement ne l’a pas encore mise en pratique.

Une autre solution pourrait être des élections obligatoires. Les électeurs seraient alors obligés d’exercer leur droit de vote. Cependant, ils ne seraient pas forcés de s’informer. Encore une fois, le choix de s’intéresser ou non à la politique leur reviendrait.

Les moyens pour inciter les gens, et surtout les jeunes, à s’intéresser à la politique doivent les rejoindre. À Porto Alegre, au Brésil, on a décidé de faire participer les gens. Ainsi, un projet de «budgets participatifs» a été créé. Des forums sont organisés afin d’inviter des citoyens à se prononcer sur la façon dont la municipalité devrait gérer son budget.

Même si les ailes jeunesses des partis politiques n’attirent pas les foules, il y a toujours des jeunes qui s’y impliquent. Par exemple, en Estrie, l’aile jeunesse du Bloc québécois, présidé par Martine Leblanc-Constant, compte une douzaine de militants constamment actifs. Cependant, il y a bien plus de jeunes qui s’impliquent au sein de cette organisation, selon le bureau de Serge Cardin. Du côté du Parti libéral, le club étudiant des Jeunes libéraux n’est pas officiellement implanté à Sherbrooke. Il y a toutefois de jeunes militants qui œuvrent dans Sherbrooke et à l’UdeS, confirme le bureau de la candidate de ce comté, Nathalie Goguen.

Bien qu’on ne puisse pas ignorer la baisse du taux de participation aux élections chez les jeunes, il ne faut pas croire que ceux-ci ne s’impliquent plus. Leur désenchantement face à la politique les a sans doute conduits vers d’autres centres d’engagement, comme les organismes communautaires ou encore les organisations non gouvernementales.

Le problème de la participation des jeunes à la politique reste toutefois entier. Et si la tendance se maintient, le Canada pourrait bien prochainement faire face à une pénurie de politiciens, une fois les actuels retirés de la politique.

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