Le 10 septembre dernier, le Conseil européen pour la recherche nucléaire (CERN) mettait en marche le plus grand accélérateur de particules au monde, dont la mission est de recréer les conditions d’énergie présentes lors de la création de l’univers.
Amélie Moreau-Paquin
C’est à la frontière franco-suisse, plus précisément à Genève, que Le Grand Collisionneur d’hadrons (LHC) a été installé, à 100 mètres dans le sol. Il s’agit d’une entreprise qui regroupe quelques centaines de chercheurs et qui a permis de rallier 60 pays autour de ce projet d’envergure.
Des attentes
Les attentes envers ce nouvel accélérateur de particules sont grandes, puisque ce dernier devrait permettre de répondre à de nombreuses questions restées en suspens. Premièrement, il faut savoir que le LHC recréera, durant une fraction de micro seconde, les conditions qui prévalaient dans l’univers juste après le Big Bang, avant que les particules élémentaires s’associent pour former les noyaux d’atomes. On sait qu’à ce moment précis, la matière et l’antimatière étaient présentes en quantité équivalente.
Ainsi, le but ultime des chercheurs est de créer une certaine quantité d’antimatière qui elle, a essentiellement disparu après le Big Bang. Michel Spiro, le directeur de l’Institut national de physique nucléaire et des particules (CNRS) affirme : «les collisions entre protons, puis entre ions de plomb, vont nous permettre d’étudier la matière telle qu’elle était une minuscule fraction de seconde après le Big Bang ». On évalue d’ailleurs à près d’un milliard par seconde le nombre de collisions qui auront lieu dans l’accélérateur.
Deuxièmement, il est permis de croire que le Grand Collisionneur permettra de découvrir de nouvelles particules qui seront créées soit en raison des collisions, soit en raison de l’intense chaleur régnant dans l’accélérateur de particules. Certains chercheurs pensent même qu’une réponse à la question du nombre de dimensions dans l’univers se trouve dans cette gigantesque construction. L’espoir de démystifier la fameuse théorie du boson de Higgs est aussi au cœur de l’entreprise, puisque le LHC devrait permettre de détecter ce dernier, une mystérieuse particule qui donnerait sa masse à toutes les autres dans la théorie du «Modèle standard ».
Le Grand Collisionneur d’Hadrons
L’accélérateur de particules est en fait un immense cercle où deux faisceaux de particules de la famille des hadrons (protons ou ions de plomb) circulent en sens inverse, emmagasinant de l’énergie à chaque tour. C’est en faisant entrer en collision frontale les deux faisceaux à une vitesse proche de celle de la lumière et à de très hautes énergies que les scientifiques veulent recréer les conditions du Big Bang. En effet, les scientifiques confirment que les chocs de protons dégageront brièvement une chaleur 100 000 fois supérieure à celle du cœur du soleil.
Des hauts et des bas
Toutefois, il est important de noter que l’accélérateur de particules a connu quelques problèmes depuis sa mise en marche le 10 septembre. Par exemple, les chercheurs ont dû suspendre les activités de l’accélérateur de particules à cause d’un bris d’aimant et le 21 septembre, le CERN annonçait que le LHC serait hors service pour deux mois afin de réparer les dégâts.
Pour les adeptes de Youtube qui voudraient mieux comprendre les objectifs que sous-tend cette nouvelle technologie, je vous suggère de jeter un œil au «Large Hadron Rap», préparé par les étudiants au doctorat du CERN… Amusant et plutôt instructif !

