Les élections fédérales 2008
Le 14 octobre prochain, les Canadiens iront aux urnes pour une troisième fois en 52 mois. Alors que les sondages prédisent déjà une victoire de M. Harper, la peur d’un gouvernement majoritaire conservateur galvanise les adversaires. Un revirement de situation est toujours possible et, pour cette campagne, l’opposition mise sur différents enjeux, de la culture à l’économie, en passant par la santé et l’environnement.
Mélanie St-Pierre
À la suite des importantes coupures annoncées par le gouvernement conservateur dans le domaine de la culture, l’enjeu du financement des programmes culturels est, cette année, un sujet chaud de la campagne électorale. «Les conservateurs de Stephen Harper sont en train de se bâtir une réputation d’adversaires de la culture», affirme Gilles Duceppe. Avec lui, libéraux et néo-démocrates s’opposent en cœur à ces coupures. Stéphane Dion promet même d’annuler complètement les compressions des conservateurs.
Alors que Stephen Harper affirme avoir déjà amélioré l’accessibilité aux soins de santé au pays, les chefs de l’opposition en promettent davantage. Stéphane Dion propose d’assurer une partie de la facture des Canadiens pour les médicaments dispendieux et d’offrir 420 millions afin de remédier au manque de personnel médical touchant le pays. Quant à lui, Jack Layton propose de hausser considérablement le nombre d’étudiants dans le domaine de la santé et de mettre sur pied un programme de soins à domicile pour les personnes âgées.
Comme les conservateurs sont reconnus pour leur manque d’intérêt face aux objectifs de Kyoto, l’environnement est également au cœur des débats de la campagne électorale. Dans sa plate-forme, M. Dion fait l’éloge de son Tournant vert, qui comprend une taxe imposée sur chaque tonne de gaz à effet de serre émise. Les fonds amassés par cette taxe permettraient de baisser les impôts des contribuables du pays. Alors que de telles mesures effraient bien des Canadiens, M. Dion affirme qu’au contraire, «une bonne politique environnementale, de nos jours, c’est une bonne politique économique.» Le Parti vert, pour sa part, propose rien de moins que «l’écologisation de l’économie».
Dernièrement, la prospérité canadienne étant quelque peu fragile, le bien-être économique du pays sera certes un sujet chaud lors du débat des chefs des 1er et 2 octobre prochains. Pour cette campagne, Stephen Harper mise une fois de plus sur l’allègement fiscal. Il propose des réductions d’impôts bénéficiant aux personnes âgées et aux aidants naturels (ex: personnes renonçant à l’emploi afin de prendre soin d’une personne malade). Dans les dernières semaines, M. Harper et son équipe ont grandement profité de la crainte d’une récession pour attaquer leurs rivaux libéraux. Désirant mettre un terme à ces attaques, M. Dion, dans sa plate-forme, a choisi d’insister sur le respect de l’équilibre budgétaire et sur l’accumulation de surplus, méthode abandonnée par les conservateurs d’Harper.

