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Un été dans la vie de Léon: du roman au grand écran

Posted on 30 septembre 2008 by admin

Le cinéma québécois aborde beaucoup le thème de «l’enfant en souffrance». Mon oncle Antoine, Les Bons Débarras, Aurore, Léolo, Le Ring, ne sont que quelques titres dans une longue liste. S’y ajoute maintenant la plus récente réalisation de Philippe Falardeau, C’est pas moi je le jure.

Marilynn Guay Racicot

Le film s’ouvre sur une scène où Léon, le personnage principal, est en train de se pendre accidentellement. Aussi troublante que la scène puisse paraître, elle donne le ton au long métrage, une comédie dramatique où le drame et l’humour se retrouvent – étrangement – toujours au même endroit au même moment. À première vue, cette rencontre semble paradoxale. Toutefois, elle confère à l’œuvre cinématographique la sensibilité qui la caractérise.    

Cette réalisation est une première expérience d’adaptation cinématographique dans la carrière de Falardeau. Le scénario de l’œuvre est en effet tiré de deux romans de Bruno Hébert, soit C’est pas moi je le jure et Alice court avec René.

Talent naissant

La distribution du film est très jeune. Outre Daniel Brière (Philippe Doré) et Suzanne Clément (Madeleine Doré), on retrouve trois enfants parmi les cinq personnages principaux: Antoine l’Écuyer (Léon Doré), Catherine Faucher (Léa) et Gabriel Maillé (Jérôme Doré). Sur le site Internet officiel du film, Philippe Falardeau explique que malgré le fait que tourner avec des enfants nécessite plus de répétition et de coordination, «[son] vrai plaisir, [sa] grande découverte […], c’est que les enfants comprennent ce que vivent les personnages. On peut tout leur expliquer. C’est faux de dire qu’on ne peut pas parler psychologie avec des enfants». Dans le rôle de Léon, Antoine l’Écuyer, retenu parmi 80 autres garçons, se démarque avec grâce. Son jeu s’avère crédible et baigne au sein d’une naïveté qui est soutenue par «[une certaine] gravité dans le regard et [de] la désinvolture dans le physique», pour reprendre les dires du réalisateur.

Années 60 et style contemporain

L’intrigue de C’est pas moi je le jure se déroule vers la fin des années 60. Or, qui dit film d’époque dit danger d’anachronisme. Philippe Falardeau a avoué avoir vécu un «cauchemar total» à ce sujet, et avoue même avoir songé à modifier le scénario pour faire se dérouler l’histoire de nos jours. Toutefois, il ajoute que l’impact de l’exil de la mère de Léon en Grèce en aurait été très affaibli.

Malgré tout, Falardeau a su installer l’atmosphère de l’époque dans le jeu des comédiens, les lieux de tournage et le décor. Mais c’est surtout la musique qui a raffiné cette ambiance très sixties. Le réalisateur a recruté Patrick Watson pour la création complète de la bande sonore. Philippe Falardeau ne voulait pas tomber dans le cliché d’une «musique nostalgique des années 60». Il souhaitait plutôt afficher un «regard contemporain» en intégrant Patrick Watson, chanteur montréalais œuvrant dans l’indie-pop atmosphérique – que Falardeau considère très actuel – au meilleur de la musique québécoise.

C’est pas moi je le jure demeure le long métrage de fiction le plus accessible de Philippe Falardeau. Lors de son passage à l’émission Bazzo.tv, on lui a demandé de décrire son film en un seul mot. «Émotif», a-t-il lancé après un temps de réflexion. Effectivement, le sort du petit Léon touche le public. L’enfant émeut par sa simplicité et sa connaissance prématurée de la vie. Bruno Hébert songe à écrire un autre roman sur Léon, histoire d’en faire une trilogie, et Falardeau confie qu’il serait vivement intéressé à l’adapter.

[ENCADRÉ]

Synopsis

Au début de l’été 68, Léon Doré (Antoine L’Écuyer), 10 ans, passe à un cheveu de se pendre accidentellement. Sa mère le sauve in extremis, comme l’été précédent dans la piscine, comme il y a deux ans dans le congélateur. Léon est une bombe à retardement à l’imagination fertile. Bien sûr, il y a Papa (Daniel Brière) et Maman (Suzanne Clément) qui s’engueulent tout le temps. Il y a aussi les maudits voisins et leurs vacances à la mer. Et évidemment, il y a Léa (Catherine Faucher), la voisine fatigante qui a toujours raison. Quand Maman décide de quitter la famille pour aller refaire sa vie en Grèce, Léon va tout faire pour oublier sa douleur. Piller la maison du voisin, devenir menteur professionnel, trouver de l’argent pour acheter un billet d’avion pour la

Grèce. Et même, pourquoi pas, tomber amoureux de Léa. Ensemble, ils réussiront, le temps d’un été, à surmonter la douleur de vieillir quand on se sent abandonné.

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