Au Québec, on slam!

27 octobre 2008

On attribue souvent le slam à l’artiste Grand Corps Malade, qui a popularisé le mouvement en France et dont les échos se sont fait entendre jusqu’ici. Au Québec, des amoureux de la poésie ont permis au slam d’atteindre une notoriété importante, bien avant le succès commercial de l’artiste français.

Pénélope Poirier

Contrairement à la croyance populaire, les racines du slam ne viennent pas d’Europe, mais plutôt des États-Unis. Le jeune écrivain Marck Smith organisait des compétitions de lecture de poésie et souhaitait ainsi rendre la poésie accessible en plus de voir l’assistance participer au spectacle. Grâce à une bonne couverture médiatique et à un certain intérêt de la population, le mouvement s’est propagé à travers les États-Unis en quelques années, a traversé l’Atlantique pour le plus grand plaisir des Européens et a pris d’assaut l’Amérique pour germer partout au Canada.

Le mouvement au Canada

À Ottawa, les poètes de la ligue Capital Slam, qui se rencontrent tous les mois depuis 2004, ont permis l’expansion du mouvement. C’est lors d’une compétition nommée Motslympiques, qui avait lieu dans la capitale canadienne, que le montréalais Ivan Bielinski, mieux connu sous le pseudonyme «Ivy», découvre le slam.

Pour le passionné de la langue, la découverte prend l’allure d’une révélation. Cet ancien étudiant en littérature et de poésie est impressionné par le pouvoir rassembleur du slam. À partir de ce moment, il fait de cet art sa passion. Il crée d’ailleurs Slamontréal et la Ligue québécoise de slam.

Ivy est une voix importante du slam au Québec. Amoureux des mots, il tente de donner une place de choix à la poésie, en restant toujours fidèle à la philosophie de l’instigateur du mouvement slam, Marc Smith. Pour Ivy, le slam, «c’est l’art de placer le public au cœur de la poésie.»

Slam la bacaisse dans l’fond du Québec!

Au fil du temps, le slam a trouvé sa place au Québec. Des événements tels que les Francofolies de Montréal offrent une bonne visibilité aux slammeurs, qui peuvent ainsi profiter d’une scène reconnue pour faire découvrir leur art.

Chez les disquaires, les tablettes reçoivent de plus en plus d’albums de slam. Mais est-ce possible d’apprécier sur disque un art qui se nourrit de la présence du public? Plusieurs le disent: le slam sur disque est une anomalie en soi. Toutefois, les ventes du premier album de Grand Corps Malade, qui se chiffrent à 20 000 exemplaires au Québec, prouvent qu’il y a là un véritable intérêt.

Des groupes de slam sont maintenant présents dans plusieurs régions québécoises, du Saguenay en Outaouais en passant par Montréal, et même Sherbrooke. L’équipe qui représentait la région sherbrookoise a d’ailleurs remporté la finale provinciale de la Ligue québécoise de slam en septembre 2008. L’équipe du Tremplin 16-30 a vaincu l’équipe de Gatineau de justesse lors de sa première participation à la finale provinciale.

Il y a tout juste un an que des soirées de slam ont lieu au Tremplin 16-30, et déjà, les slammeurs d’ici se démarquent. Comme quoi l’art d’ici bouge rapidement!

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une réponse à “Au Québec, on slam!”

  1. Stéphane Olivier le 16 février 2010 10:15

    À part SLAM avec Saul Williams, qu’est-ce qui existe en terme de film ou en video sur le slam? D’ici et d’ailleurs…?

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