Quand les éoliennes se retrouvent sous l’eau
27 octobre 2008
Chaque semaine, des pays un peu partout décident de se tourner vers une nouvelle forme de production d’énergie non polluante, les hydroliennes, qui utilisent les courants marins pour fonctionner.
Amélie Moreau-Paquin
Le principe que sous-tendent les générateurs utilisant l’énergie des courants marins est bien simple. D’abord, il faut savoir qu’il existe deux grands types de courants : les courants marins, situés plus ou moins au large des côtes et les courants de marée, que l’on rencontre dans l’embouchure des fleuves et près des côtes. Certains courants de marée sont utilisés depuis plusieurs années déjà, puisque l’on y a construit des barrages fournissant une certaine quantité d’énergie. Quant aux courants marins, pour capter leur énergie, il suffit de placer des hélices ou des turbines qu’on appelle hydroliennes dans l’axe de ces autoroutes de la mer .La turbine de l’hydrolienne permet alors la transformation de l’énergie hydraulique en énergie mécanique, qui est ensuite transformée en énergie électrique par un alternateur. Cette technique est étudiée et mise en place depuis un peu plus de cinq ans.
Ainsi, l’eau, qui est 800 fois plus dense que l’air, peut faire tourner ce moulin à environ quinze tours par minute. La moyenne d’énergie produite est alors de 100 kW avec des pointes de 300 kW. Ce moulin d’un nouveau genre peut, tout comme le télescope d’un sous-marin, sortir de l’eau pour l’entretien et d’éventuelles réparations. Situé normalement à environ 30 mètres de profondeur, à quelques kilomètres des côtes, un ensemble peut peser près de 130 tonnes et posséder une hélice longue d’une dizaine de mètres. Les pales de cette hélice s’inversent automatiquement lorsque le sens du courant marin s’inverse. Jusqu’à maintenant, ce sont principalement des entreprises britanniques et françaises qui se sont spécialisées dans le domaine des hydroliennes et on précise que plus de cent sites appropriés, le long des côtes anglaises, pourraient héberger de tels moulins.
Avantages
Les avantages de telles installations sont nombreux. Entre autres, il s’agit de petites machines comparativement à de grosses installations comme les barrages, ce qui permet de les aménager plus rapidement tout en investissant moins. En effet, les coûts reliés à l’installation d’hydroliennes sont vite épongés par les revenus qui en découlent, contrairement à d’autres générateurs d’énergie qui prennent de nombreuses années avant d’être réellement rentables pour les investisseurs. Qui plus est, il s’agit d’une énergie qui est inépuisable en plus d’être non polluante.
Avis partagés
Là où les avis sont partagés, c’est lorsque l’on observe les conséquences de telles pratiques sur la faune et la flore des océans. Pour certains, les hydroliennes n’auront pas ou très peu d’effets sur le monde marin. C’est le cas de Marcel Boridy, directeur général du Service d’actions entrepreneuriales Manicouagan qui, dans le journal Le Soleil du 12 juillet dernier, affirmait qu’«immerger des structures comportant de grandes pales n’affecterait pas les poissons». Plusieurs affirment que les hydroliennes, qui tournent très lentement, ne peuvent causer de véritables dommages au monde marin.
De plus, les sites préférentiels pour l’installation d’hydroliennes sont des sites aux courants forts à très forts où les conditions sont peu favorables au développement de la faune et de la flore. Pour d’autres, ces moulins pourraient engendrer des perturbations sur la sédimentation et les poissons. À long terme, ils pourraient même permettre aux «zones mortes », soit les déserts que l’on retrouve dans nos océans, de s’étendre davantage, alors qu’actuellement, les zones désertiques des océans continuent de s’agrandir à une vitesse faramineuse. L’impact environnemental de l’énergie hydrolienne reste donc à étudier dans de nombreux projets de recherche et de développement.
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