Une lutte serrée pour la présidence américaine

27 octobre 2008

La campagne électorale américaine tire à sa fin. On assiste présentement à une lutte serrée entre le candidat démocrate Barack Obama et le républicain John McCain. Gilles Vandal, spécialiste en politique américaine du département de politique appliquée, a accordé une entrevue au Collectif afin d’éclaircir les enjeux entourant les élections américaines. Que proposent les candidats aux Américains et quelles sont les dernières actions entreprises pour remporter cette course présidentielle? Qui deviendra le 44e président de nos voisins américains?

Emmy Grand-Maison

Les primaires américaines se sont amorcées avec la lutte entre Hillary Clinton et Barack Obama. Barack Obama en est ressorti vainqueur grâce aux règles démocrates et à l’effet Obamamania de février passé. Mme Clinton s’étant rangée à ses côtés, il continue sa lutte pour les présidentielles, cette fois contre le candidat républicain John McCain. McCain s’est adjoint, comme candidate à la vice-présidence, un nouveau visage conservateur, Sarah Palin, ancienne sénatrice de l’Alaska. Récemment, Bush a annoncé la crise économique, ce qui a atténué l’effet Palin. Récemment, l’ancien secrétaire d’État républicain Colin Powell a annoncé son soutien à Obama, qui est en avance dans les sondages américains.

Le but, pour les deux candidats, est maintenant de rallier les indépendants, car si l’on se fie aux données de 2004, sur environ 122 millions d’électeurs, plus de 40 % n’avait aucune affiliation avant le jour de l’élection. Les candidats doivent maintenant rassurer la population américaine à propos de leurs aptitudes à gérer la crise économique qui atteint actuellement le pays.

Les démocrates

Les démocrates ont un électorat composé traditionnellement de la classe ouvrière syndiquée, des classes défavorisées, des minorités et des fermiers du Sud. Ils mettent de l’avant une idéologie libérale prônant l’intervention de l’État, la régulation de l’économie, la protection sociale, la défense des minorités et la laïcité.

Obama se positionne contre la guerre en Irak. Il propose, pour remettre l’économie américaine sur pied, d’inclure de meilleures garanties pour les travailleurs et davantage de clauses sur l’environnement dans les accords de libre-échange. Il s’engage aussi à taxer la délocalisation des industries, à mettre sur pied un programme d’investissement dans les infrastructures, à lancer une recherche portant sur le développement des emplois qualifiés et à réduire le déficit budgétaire. Du côté de la santé, il propose un système de couverture universelle des soins de santé.

Les points forts d’Obama sont son discours de changement face à l’impopularité de Bush, son charisme incroyable et l’attrait qu’il exerce sur les jeunes électeurs, qui sont habituellement moins actifs politiquement. De plus, il risque d’entraîner une participation massive de la population noire lors du scrutin. Pour l’emporter, il doit conserver sa base, mais surtout remporter un gros État de plus que ne l’a fait Kerry en 2004.

Les républicains

Les républicains ont un électorat traditionnellement axé sur les classes périurbaines et rurales. Ils prônent plutôt une idéologie conservatrice, axée sur le laisser-faire, l’intervention limitée de l’État et le rigorisme moral.

McCain se positionne en de faveur la guerre en Irak. Il soutient que, pour faire face à la crise économique, les solutions sont l’aide aux personnes sans emploi pour cause de délocalisation, la diminution de l’impôt des sociétés pour décourager la délocalisation, le relancement de la croissance par la libre concurrence, les baisses d’impôts et un meilleur contrôle des dépenses fédérales. Du côté de la santé, il propose de rendre les soins plus abordables, mais sans l’intervention de l’État, et ne souhaite pas contraindre la population à se munir d’une assurance-santé.

Les points forts de McCain sont sa position plus centrale que celle d’Obama et son caractère indépendant. Pour l’emporter, il devra non seulement conserver sa base, mais aussi gagner tous les États indécis.

Le caractère économique et racial de cette élection la rend de plus en plus historique et complexe. Obama est en tête dans les sondages, ce qui peut s’expliquer par le fait que les Américains veulent du changement, puisqu’ils viennent de vivre deux mandats républicains. Malgré tout, la lutte reste extrêmement serrée et est loin d’être terminée.

Vous avez quelques chose à ajouter ou une question à poser...

Vous avez quelque chose à dire?