imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Campus

La loi antitabac, une infraction de 85$

Posted on 27 octobre 2008 by admin

Par un bel après-midi, petite fourmi besognant d’une tâche à l’autre, je décide de m’offrir une pause et d’aller en griller une. Cellulaire à la main, je sors du local et m’assois dans l’escaliers à l’extérieur de l’édifice. Je suis complètement seule, personne en vue, j’allume ma cigarette et continue mon texto. Fumer la cigarette a longtemps été une mode. De nos jours, fumer devient facilement une tare, même un acte CRIMINEL!

Emmy Grand-Maison

Un superviseur du campus sort de nulle part et me demande mes pièces d’identité. Sans penser à cette… loi des 9 mètres, j’éteins ma cigarette et vais chercher ma carte d’identité. Ce n’est qu’arrivée à côté de son petit kart de golf que je comprends qu’il me donne une contravention, car je fumais trop près d’une entrée d’institution publique. Je me contiens pour ne pas l’envoyer promener. Je tente de jouer la carte de celle qui est nouvelle sur le campus, qui revient de l’Ontario, qui n’était pas trop au courant et qui n’a jamais eu d’avertissement, sans grand succès! Résultats 85 $ d’amende, 50 $ le prix de l’infraction, 25 $ pour les frais d’administration et 10 $ pour le fond des victimes d’actes criminels.

Soyons réalistes, 85 $ de contravention pour des étudiants, qui n’ont pourtant pas mis la vie de personne en danger! Tu peux boire une caisse de 12 dans un local de l’Université et prendre ton char avec quatre de tes amis comme passagers arrière, les superviseurs du campus n’ont même pas le pouvoir de t’arrêter. Mais tu ne peux pas fumer une cigarette tranquillement assise sur le seul objet qui le permet, les escaliers, sans récolter une contravention. Un peu comme le sans-abri qui se fait mettre en prison pour s’être assis sur un bloc de béton et ainsi avoir détourné un bien public de sa vocation première. Abus de pouvoir?

D’accord, j’admets, j’étais au courant de la loi, mais 50 $ d’amende auraient été suffisants pour ce crime non? Par contre, 25 $ de frais d’administration ajoutés alors que l’amende se paie par internet, on donne 25 $ à l’ordinateur qui accuse réception? Mais la goutte qui fait déborder mon vase, c’est le 10 $ pour le fond des victimes d’actes criminels. Franchement, le fond des victimes d’actes criminels se remplit les poches sur le dos des étudiants fumeurs? Dans quel genre de société vit-on? Modèle entériné par ses propres institutions scolaires qui sont censés nous apprendre à réfléchir, analyser et critiquer.

L’agent de sécurité m’explique que comme l’Université n’appliquait que des avertissements, elle a récolté environ 2500 $ d’amende. S’il ne me donne pas le ticket, c’est lui qui devra en payer un. Donc le gouvernement, mort de rire, se repaie en amendes à l’Université, ce qu’elle ne gagne pas en contraventions données aux étudiants. C’est dans l’absurdité de ses petits règlements qu’on réalise l’emprise de notre société sur nos institutions scolaires. Maintenant, les paquets de cigarettes ont été remplacés dans les dépanneurs par les petites bouteilles d’alcool mélangé et de pilules d’énergie. Je me demande vraiment quel est le message que tente de faire passer le gouvernement québécois.

Comments are closed.