Improvisation libre sur le SLAM
Julie Tremblay
Avec des mots, tout est possible.
Même qu’«une brigade de poètes
sortis tout droit de l’obscurité»
ignorent un instant leur différence
et s’mettent à slammer.
Leur voix les porte
rhythm and poetry rhythm and poetry
cassées comme leurs histoires
que personne n’envie.
Ils ont pas grand chose à offrir
pas de belles voix, quelques poèmes
mais quand les mots leur sortent du ventre
ils sonnent autrement
ils disent quelque chose qui leur ressemble
qui fait du bien qui fait du mal
comme la vie
C’est pas toujours beau
et parfois y’a rien à comprendre
mais ça fait du bien
ça résonne, ça heurte, ça surprend
c’est futile
mais authentique.
«la différence entre une scène slam
et une soirée poésie
c’est qu’tu dis que c’est une soirée slam
et t’as dix fois plus de gens»
le slam c’est pas d’la poésie inerte
c’est des mots qui brûlent le corps
qu’on dégueule par la bouche
pour s’empêcher d’crever.
Y’a qu’à se lancer sur scène
et à tout déblatérer
contre les «hermétiques du bonheur»
et ceux qui parlent tous les jours
en disant rien en fait
croyant qu’c'est ça vivre
répéter tous en coeur.
Le slam c’est des mots qui font l’amour
et d’la poésie à tue-tête
c’est des histoires qui donnent espoir que demain
un autre jour avec les mots
peut commencer.

