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Categorized | Société

Les fameux travaux d’équipe

Posted on 27 octobre 2008 by admin

Les travaux d’équipe sont très populaires dans l’éducation et sur le marché du travail. Partout, la capacité à travailler en équipe est une qualité très recherchée. Toutefois, y accordons-nous trop d’importance?

François Parenteau

Dans ce monde bourré d’outils communicationnels et dans lequel nous vivons, l’importance des travaux d’équipe n’a jamais été aussi élevée. Il est paradoxal de constater que malgré qu’il soit en permanent état de communication, l’être humain n’a jamais été aussi seul. En effet, les nouveaux outils technologiques ont tendance à isoler les individus. On communique de moins en moins en face à face. De nos jours, presque tout se fait par l’intermédiaire d’une machine.

Dans ce contexte, utiles ou non, les travaux d’équipe? Bien sûr, je reconnais leur nécessité. La coopération et l’entraide sont des valeurs très importantes. Mais développe-t-on les aptitudes du travail d’équipe correctement dans le système scolaire? Si je demande à des étudiants s’ils aiment les travaux d’équipe, la grande majorité me répondra non. En période d’examens, c’est encore pire. Pourquoi donc?

D’abord, les conflits d’horaire. Je considère le travail d’équipe beaucoup plus facile en milieu professionnel, car tout le monde est présent et n’a pas de multiples occupations autres durant sa journée de travail. Pas facile, à l’université, d’organiser des réunions en dehors des heures de classe quand l’équipe compte cinq membres, que certains travaillent, que d’autres travaux s’ajoutent, etc. Certains professeurs comprennent la situation et allouent du temps en classe pour développer les projets, mais c’est très rare. Et si l’on a deux ou trois travaux d’équipe à faire en même temps, alors là, c’est la pagaille.

Ensuite, les priorités diffèrent chez chaque individu. Quand quelqu’un a plusieurs occupations, il doit faire des choix, et souvent, le travail d’équipe n’est pas le numéro un sur sa liste. Cette situation set très différente de ce qui a cours dans le monde professionnel, car lorsque c’est un travail rémunéré, comme on est payé, même si le projet ne nous intéresse pas, on doit le faire, car le patron veut des résultats. Et ce dernier agira rapidement si certains ne méritent pas leur salaire. Mais comme le salaire universitaire se paie en crédits, certains se foutent un peu des notes, et ce au détriment de ceux qui veulent bien faire. Cela fait en sorte que les travaux se font la plupart du temps à la dernière minute. Faire des travaux à la dernière minute, c’est correct quand on est seul, car on ne dépend de personne. Mais en équipe, c’est plutôt une chose à éviter.

«Tu n’as qu’à te mettre avec des gens en qui tu as confiance», me direz-vous. Ce n’est pas toujours possible, et selon moi, cela est comme habiter en appartement avec ses amis. On pense que ça sera la meilleure expérience de notre vie, mais on se rend vite compte que ça peut aussi détruire des relations.

Qui ne s’est jamais retrouvé dans une équipe où la moitié des membres travaillait alors que l’autre avait plutôt tendance à se pogner le beigne? Dans le contexte scolaire, cela favorise évidemment les paresseux, car la note n’est pas individuelle. On dit souvent qu’il y a des gens sur Terre qui s’amusent et d’autres qui en bavent. Peut-être que ces derniers en baveraient moins et que les paresseux en baveraient plus si l’on cherchait davantage à connaître l’apport de chacun dans les travaux d’équipe lors des évaluations.

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