Comme le disait si bien Louis-José Houde : «Ah! Vous lisez là» Vous savez, avec nos études, on n’a pas toujours le temps d’apprendre à slammer rien que pour un numéro spécial du Collectif. C’est pourquoi on parodie Le mot de Victor Hugo (néophytes, demandez à votre ami Google de vous expliquer). C’est simple (pas tant en fait…), ça ne réinvente pas la roue, mais ça se case mieux qu’une pub. Merci, Victor Hugo, Merci.
Andrée-Anne Boudreau et Valérie Godhue
Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d’un mot qu’en passant vous perdîtes;
TOUT, la haine et le deuil !
Et ne m’objectez pas que vos amis sont sûrs
Et que vous parlez bas.
Écoutez bien ceci:
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l’oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d’une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT — que vous croyez que l’on n’a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l’ombre;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l’aigle!
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l’étage; il a la clé,
Il vous échappe, il fuit, rien ne l’arrêtera;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l’eau sans bateau dans la saison des crues,
Il monte l’escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l’homme en face dit:
«Me voilà ! Je sors de la bouche d’un tel.»
Et c’est fait. Vous avez un ennemi mortel.
Les Maux
Crades étudiants, prenez garde aux potins textés en un bip!
Tout peut sortir d’un mot sendé pour le trip;
TOUT, the pain and l’orgueil!
Et ne m’objectez pas que vos ordis sont sûrs
Et qu’on ne vous lira pas.
Listen carefully:
Peer to peer, en jogging,
Pas très classe, chez vous, sans personne qui stoole
Vous mailez à l’adresse la plus safe
De vos amis Facebook, ou si vous aimez mieux,
Note to self sur WordPad, croyant presque ne pas écrire,
Dans le fond de la cave chez vos vieux à Saint-Martyr,
Une bitcherie sur n’importe qui.
Ces MAUX —que nobody will ever see
Que vous tapiez du bout des doigts dans un lieu sombre—
Surfs à peine savés, out, free dans le cybermonde;
Check le potin qui sort! on connaît le refrain;
Il sprint, l’air névrosé, un RedBull à la main,
De bons Nike shoes chromés, un passeport spic n’ span;
Au besoin, il prendrait un jet privé, comme Infoman!
Il vous échappe, il se pousse, trop tard pour Ctrl-Z
Le potin procrée, rocke la place; everywhere, he spreads
Il glisse d’un pylône à l’autre en plein verglas
Tsé, y va vraiment partout, là!
Drette chez l’dude que t’as blasté
Y’a le username, le password; il a la clé
Il sonne, défonce, se prend une bière et s’accote sur le comptoir
Baveux, y spotte le gars pis shoote :
«Yo! Chose fait dire que…»
Done: Avoir un ennemi mortel

