Slam, terme anglais signifiant «claquement». Ou, selon le Petit Robert, «forme d’art oratoire consistant à déclamer de manière très libre».
Marilynn Guay Racicot
On dit que le slam a débuté en 1986 à Chicago, aux États-Unis. Marc Smith, fondateur de cette discipline oratoire, a délogé les mots du papier pour les livrer à l’oral. Les soirées d’Uptown poetry slam, ont donné le ton au slam d’aujourd’hui: elle consistaient en des rassemblements populaires dans les bars, où les poètes déclamaient leurs plus beaux vers tandis que le public intervenait en décidant des juges de la compétition.
Aujourd’hui, «il y a autant de définitions du slam que de personnes qui slamment», affirme Frank Poule, un adepte sherbrookois. Si le slam demeure une forme d’art très libre, le respect de certaines règles s’impose. On exige lors des compétitions que le temps de parole ne dépasse pas la barre des trois minutes; on abolit aussi tout instrument, musique ou costume.
La traversée de l’Atlantique
Les combats de mots se sont rapidement propagés en Europe. En France, le slam s’est démarqué au milieu des années 90. C’est à Pigalle, un quartier connu de Paris, que cet art oratoire a fait son entrée française.
En France, le slam a très rapidement gagné en popularité, s’étendant jusque dans les provinces. L’engouement pour cette nouvelle forme d’art a incité les artistes à intégrer de la musique à leurs textes. Aujourd’hui, ils vont même jusqu’à vendre leurs textes sous forme de CD. On pense à Grand Corps Malade, qui parle, décrit, raconte ce qu’il a vécu avec de la musique qui appuie et renforce ses paroles. Comme l’affirme cet artiste dans un article de Geneviève Baraona sur le site Franc-parler, «le slam […] c’est un moment de partage d’un texte à l’oral, celui d’une émotion, des mots et de l’amour du verbe mis en poésie. Le slam, c’est utiliser sa voix et ses oreilles. C’est pourquoi il est aussi important d’écouter les paroles des autres. En une soirée, on peut devenir un slammeur parce qu’on aura réussi à vaincre son appréhension et à monter sur la scène. C’est sa force et son succès.»
Éducateur, le slam
En France, le slam fait ses preuves dans les écoles. En effet, les adeptes de cette «poésie urbaine» proposent des ateliers de slam dans le cadre des cours de français. Rouda, membre du collectif 129H, explique que «l’objectif premier de ces ateliers est de créer et d’interpréter un texte». Ainsi, les élèves gagnent de la confiance en eux et acquièrent une meilleure prise de vue sur l’écriture. Ces derniers ne deviennent pas nécessairement des premiers de classe; toutefois, «ils développent un goût pour l’écriture, pour la maîtrise des mots et du langage», assure Rouda dans un article sur le site Internet de RFI Musique.
Cette forme d’art de la parole et des mots puise tout son sens dans la profondeur des vers récités. Le divertissement est loin d’être l’unique but visé par les slammeurs. Ces artistes s’expriment, se libèrent, revendiquent et critiquent. Ainsi, le slam est sans aucun doute un art poétique des plus contemporains. Pas étonnant qu’il soit en pleine expansion.

