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Réalisation des objectifs du millénaire : l’UdeS répond à l’appel

Posted on 27 octobre 2008 by admin

C’est près de 300 personnes du campus de l’UdeS qui se sont levées pour observer une minute de silence, en signe de solidarité pour les plus démunis. L’événement, tenu sur l’heure du lunch le 17 octobre dernier, vise à mettre de la pression sur le gouvernement canadien pour qu’il respecte ses engagements de mettre fin à la pauvreté dans le pays.

Philippe Doyon-Poulin

«Je suis émerveillée de la grande affluence et de la sensibilité de la communauté universitaire à la lutte contre la pauvreté», s’est exclamée Stéphanie Poulin, membre du groupe Oxfam sur le campus, en prenant la parole devant la foule.

C’est son équipe, aidée du groupe Entraide universitaire mondiale Canada (EUMC), qui a organisé le chapitre sherbrookois de l’événement «Debout et agissez». Cet appel à la mobilisation, tenu au même moment à la grandeur de la planète, sert à rappeler aux leaders mondiaux leurs engagements pour la réalisation des objectifs du millénaire d’ici 2015 (voir encadré).

Comme l’ont fait remarquer plusieurs participants à l’événement, les 18 milliards de dollars nécessaires pour l’éradication de la pauvreté que les gouvernements occidentaux se disent incapables de trouver semblent bien peu devant le budget consacré aux dépenses militaires et les 700 milliards de dollars injectés dans le plan de rescousse de l’économie américaine.

Pour Sarah Toulouse, étudiante à la maîtrise en gestion des coopératives, il reste encore beaucoup de travail à accomplir avant de pouvoir garantir à tous des droits aussi fondamentaux que l’accès à l’eau potable. C’est pourquoi le slogan de la journée – debout et agissez – trouve un écho tout particulier pour elle. «C’est un appel à l’union de la population pour réaliser des projets concrets autour de nous», explique la jeune femme.

Exemple de réussite

Jean Emmanuel Léon poursuit des études de deuxième cycle à la Faculté d’administration orientées vers le développement international et local. Originaire d’Haïti, il a été témoin de projets de coopération internationale qui ont changé le visage de plusieurs communautés. «Lorsque l’on parle de pauvreté, je sais de quoi il est question», lance l’étudiant, tout sourire.

Il cite en exemple un stage réalisé en Guinée, où il a participé à l’installation d’une plateforme multifonctionnelle dans un village. Cet appareil sert à décortiquer en une quinzaine de minutes le riz récolté, alors que cette activité demande trois jours de travail lorsque réalisée manuellement avec pilons et mortiers. «L’ajout de la plateforme a permis d’envoyer plus d’enfants du village à l’école, car ils sont libérés des tâches reliées à la récolte. C’est sans compter la hausse de revenus pour les agriculteurs et l’électrification du village», explique-t-il.

«Il est important qu’un pays comme le Canada s’implique dans la lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités entre le Nord et le Sud», revendique Jean Emmanuel Léon. La multiplication de projets où les coopérants sont à l’écoute des besoins de la population locale, comme celui dans lequel il a été impliqué, sont autant de pas dans la bonne direction selon lui.

Rapprochement entre les cultures?

Une ignorance de la réalité des pays du sud existerait chez les étudiants sherbrookois. C’est du moins ce qu’a perçu Djamila Ousmane, étudiante à la maîtrise originaire du Niger, au fil de ses conversations sur le campus.

La vision du continent africain comme un village miné par la pauvreté est fausse, explique-t-elle. «L’Afrique est composée de 54 États, chacun avec une réalité fort différente.»

Son souhait pour faire tomber les préjugés est justement une plus grande ouverture d’esprit et un meilleur rapprochement entre les cultures. «C’est à vous, qui venez d’ailleurs, de fêter votre pays et de faire découvrir aux autres votre réalité.»

«J’aimerais bien pouvoir amener tout le monde chez moi, pour qu’ils puissent voir la réalité de l’Afrique que je connais», confie l’étudiante, un brin rêveuse.

Réalité à Sherbrooke

Les étudiants présents lors de l’événement ont été invités à poursuivre leur engagement en prenant part à une marche contre la pauvreté à Sherbrooke. La journée s’est terminée avec la nuit des sans-abris, où la population a pu échanger avec des démunis de la ville.

Somme toute, jugent les organisateurs, la journée aura permis d’éveiller la conscience des participants. «Nous sommes les décideurs de demain, mais éveiller sa conscience commence aujourd’hui», conclut Djamila Ousmane.

Encadré

Objectifs du millénaire pour le développement

Adoptés en septembre 2000 par 189 États représentés à l’Organisation des Nations Unies (ONU), les objectifs du millénaire pour le développement visent à faire reculer l’extrême pauvreté d’ici à 2015. Les huit objectifs du millénaire sont:

  • Réduire l’extrême pauvreté et la faim
  • Assurer l’éducation primaire pour tous
  • Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes
  • Réduire la mortalité infantile
  • Améliorer la santé maternelle
  • Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies
  • Préserver l’environnement
  • Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

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