imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Culturel

Un Dan au cœur tendre

Posted on 15 octobre 2008 by admin

Lancement du disque Duos de la tendresse, de Dan Bigras.

Les duos féminins ne sont pas choses nouvelles pour Dan Bigras. Après avoir fait une tournée avec Laurence Jalbert et une série de spectacles intitulés Dan et ses blondes, il a concocté un disque avec celles qu’il considère comme «les plus jolies voix».

Andrée-Anne Boudreau

Après s’être éclipsé de la scène musicale pour faire des apparitions de plus en plus fréquentes à la télévision et au cinéma, Dan Bigras rapplique avec des renforts: une armée de quatorze femmes qui l’accompagnaient déjà, pour la plupart, dans ses spectacles, s’est jointe à lui pour créer les Duos de la tendresse.

Pas d’amour sans humour

Dans presque chacun de ses albums antérieurs, déjà, au moins une chanson détonait par son caractère humoristique. On n’a qu’à penser à Trois petits cochons ou à Petit chaperon rouge. Bien sûr, ici, on retrouve les petits cochons en version accélérée avec un trio de femmes, mais la pause humour du disque semble plutôt assurée par Entre les draps. Dan Bigras raconte que lorsqu’il était petit et qu’il chialait contre la stupidité des proverbes appris par cœur avec M. le curé, son père lui a administré le conseil suivant: «Pour chaque proverbe, ajoute entre les draps à la première partie et entre les cuisses à la deuxième. Mais dans ta tête, pas tout haut!» À partir de ce jour-là, il aurait arboré un magnifique sourire à chaque récitation de proverbes… Le choix de la duettiste, pour cette chanson, n’a pas été facile: «Il faut la porter cette chanson-là», nous a confié le chanteur. Comme Lise Dion touchait à la fois à l’humour et au chant, elle semblait la candidate parfaite. Dan Bigras avoue cependant que l’enregistrement a été difficile, car Lise Dion lui a confié ne pas connaître sa voix à elle, puisqu’elle imite sans cesse celle des autres.

Finies les révoltes, bonjour la douceur

Les albums précédents de dan Bigras portaient des personnages combattants, des textes presque criés tant ils poignaient le cœur. Comme il le mentionne: «J’ai déjà fait des chansons avec d’autres gars, mais il n’y a pas la même complémentarité, ni la même complicité de la voix, c’est pour cela que je choisis juste des femmes.» Les duos de tendresse se font plus douillets simplement à cause de la douceur naturelle que l’on attribue aux voix féminines, car les textes sont demeurés les mêmes. De l’incontournable Tue-moi,
à l’indémodable Soirs de scotch, en passant par Ange animal, les titres mentionnent déjà une certaine dureté, mais l’interprétation témoigne de cette fragilité que l’on retrouvait déjà dans des pièces comme Un homme ça pleure aussi, Naufrage ou Rivière perdue.

Cette dernière chanson montre bien l’application qu’a mis Bigras à obtenir le meilleur des plus jolies voix: avec Isabelle Boulay, ils offrent une version country, à l’image du rythme adopté par la belle ces dernières années. Autre situation semblable: pour partager avec Nathalie Choquette les mots d’Ange animal, il s’est imprégné de l’atmosphère de la diva. Harmonieux et doux, le chant tend vers le classique, avec, pour toile de fond, rien de moins que l’Orchestre philarmonique de Prague. En se pliant au style de l’autre, en offrant son travail, remanié à la façon de chacune des femmes qui l’accompagnent, Dan Bigras réussit encore un coup d’éclat. Il frappe dans le mile et séduit, tendrement. Déjà, une semaine après la sortie, le disque avait atteint le sommet des palmarès de vente!

Comments are closed.