Andrée-Anne Boudreau
Je gobe de l’air
Au lieu de satisfaire
La faim qui m’assaille, me tiraille
Tenaille sur ma taille
Privée de bouffe, à court de souffle, j’étouffe
Mais je serre encore les lèvres plus fort
For not to eat
For no to keep les calories dans mon corps
Moi, vide de tout ce que mon corps réclame
Moi, pleine de tout que son cœur déclame
Mon âme se râpe à tous ces blâmes,
Infâmes, fameux préjugés
Qui toujours reviennent à la bouche des gens compatissants
Qui me rentrent dedans, dansent et tournent autour de moi
Pour me guérir, pour me nourrir, pour me nuire
Pour dire qu’ils m’aiment
M’aiment, m’aiment, même!
Même s’ils se démènent, je me malmène
Ma haine me mène, me traine, me déchaine, je ne m’aime… pas.
Mais le plus tough
C’est de voir l’effet turn off
Que j’te fais quand tu croises mon reflet
Réfléchis derrière tes absences désolées
Au mal aggravé de ne plus se sentir aimé
Détourne pas le regard
Garde-moi encore
Touche le tour de ma taille de fer
À la Marie-Josée Taillefer
On ne voit que les os?
S’ti regarde comme il faut
Si mon dos dolent te lasse
Écoute mon cerveau
Vole vers les vérités
Profondes qui se forgent en moi
Qui se fondent en toi
Cesse de me railler quand j’me fais mal
Mène-moi à travers cet enfer
Fermente des pensées pour défaire
Lay sur moi doucement
Songe, mensonge, fais mentir les moqueurs
Écoute mes maux muselés mes mots brisés
Battre en chœur sur ce mémo à la hâte rédigé
Mémo désespéré, taché de pleurs,
Qui n’ont plus ni saveur ni couleur
Tant je suis devenue mince
Comme une feuille de papier
Translucide
Anodine
Froissée
Chiffonnée
Oubliée

