Les études universitaires représentent la dernière étape avant le marché du travail. Pour plusieurs, le début de carrière signifie la véritable entrée dans la vie, la vie adulte. Et si avant de s’engager, on laissait parler nos rêves fous une dernière fois?
François Parenteau
La question n’est pas d’aimer ou non son choix de carrière. Bien sûr, peu importe ce que l’on entreprend, si le plaisir s’y trouve, la tâche est toujours plus agréable à réaliser. Toutefois, a priori, le travail n’est pas un divertissement. C’est le moyen utilisé pour gagner notre vie et accumuler l’argent nécessaire à la satisfaction de nos besoins.
Lorsqu’on est jeune, on se perd facilement dans ses rêves. On voudrait tant vivre un grand nombre d’expériences diverses au cours de notre existence. Je ne considère pas cela comme une attitude utopiste et naïve, car cette étincelle renferme une énergie et un désir fabuleux. Il ne faudrait pas s’en passer. Par contre, elle tend à s’amenuiser au fur et à mesure que l’on met les pieds dans le monde adulte. Les nouvelles responsabilités doivent-elles absolument effacer ces rêves fous qui illuminaient jadis notre avenir?
Les voyages forment la jeunesse, dit-on. À mon sens, c’est bien vrai. Cependant, une fois la jeunesse formée, il faut s’en occuper, sinon la coquille saura bien vite se refermer. Je compare cela à une relation de couple. Si l’on tient l’autre pour acquis, ça ne prendra pas beaucoup de temps avant que notre partenaire s’éloigne, parfois pour toujours. Des passions, ça s’entretient.
En ce moment, le travailleur moyen québécois peut compter sur un maigre deux semaines de vacances par année. 14 jours sur 365 pour s’évader de son quotidien, c’est bien peu. Imaginez la tâche colossale, si en plus, vous avez des enfants. Dans ce cas-là, vous aurez beau rêver très fort à votre périple de deux mois en Australie, il y a peu de chance que ça se produise.
Ainsi, à la fin de votre parcours universitaire, prenez quelque temps pour réfléchir à votre avenir. Pas votre avenir professionnel, votre avenir de vie. Pourquoi ne pas prendre quelques mois de repos avant de courir aux quatre coins de la ville afin de distribuer des tonnes de curriculum vitæ? Pourquoi tant de presse à entrer dans le moule du métro, boulot, dodo? Vous aurez tôt fait de cotiser à votre REER. Profitez plutôt de votre jeunesse pour cotiser à votre bagage d’expériences. Suivez vos passions, votre instinct, déployez vos ailes et filez vers cet inconnu qui vous a tant fait rêver.
Que ce soit pour faire du travail humanitaire, apprendre une nouvelle langue, voyager à travers le monde, construire un chalet, exploiter un talent caché, faites-le. Faites ce que vous avez toujours voulu réaliser en vous disant: «Si j’avais un long moment libre, je ferais cela.» Ce sera sans doute le dernier moment où passer à l’action sera possible, profitez-en!
Comme le chante Bruel, «mieux vaut avoir des remords que des regrets.» Ce serait dommage d’arriver à la fin de votre vie et de penser encore à ce fantastique projet que vous n’aurez finalement jamais mené à terme. Au lieu de cela, éclatez-vous. Vous serez remplis d’énergie positive pour amorcer votre carrière et fonder une famille, ce qui vous fera grandir. Et plusieurs années plus tard, vous aurez le bonheur de raconter à vos enfants puis à vos petits-enfants la folie que vous avez faite en décidant d’aller au bout de vos rêves quand vous en aviez la possibilité.

