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Categorized | Culturel

Critiques

Posted on 08 décembre 2008 by admin

Critique de film

Babine,
Alliance Vivafilm, 2008, 1 h 50.

Philippe Moisan-Royal

Chaque village a son fou et chaque fou a son village. À Saint-Élie-de-Caxton, le fou, c’est Babine. Né un jour sans date (aucun signe astrologique ne le voulait dans son équipe), Babine cherche à mener une vie tranquille. Les gens du village aiment bien l’accuser de tous les maux, mais il peut compter sur ses amis le Vieux Curé, plein de bonté, et Toussaint Brodeur, éleveur de mouches, pour prendre sa défense. Tout bascule le jour où l’église passe au feu, entraînant la mort du curé. Arrive donc le Curé Neuf, tout le contraire de l’ancien. Cherchant de son propre aveu à «punir les coupables et culpabiliser les autres», il désigne rapidement Babine comme responsable et le condamne à mort.

Inutile de chercher loin pour trouver la signature de Fred Pellerin dans Babine, une fable sur l’acceptation des autres et le passage du temps. Luc Picard, qui réalise le film tout en jouant le rôle de Toussaint Brodeur, réussit avec brio à adapter l’univers du conteur au grand écran. Considérant le budget, minuscule pour pareille production, le résultat épate. Picard déclarait en entrevue que l’existence même du long-métrage relevait du miracle. Difficile de ne pas le croire. Non, les effets spéciaux n’accotent pas ce à quoi Hollywood nous a habitués. Mais ça fonctionne, et c’est ce qui compte.

La principale qualité du film demeure de toute façon les personnages du texte de Pellerin, solidement appuyés par une batterie de comédiens populaires. Les fans du conteur retrouveront avec plaisir la belle Lurette, Méo le coiffeur et autres piliers de Saint-Élie. Ils retrouveront aussi la profondeur habituelle de ses récits. Parce que derrière une histoire en apparence innocente se cache une remise en question beaucoup plus sérieuse sur le temps, qui bien souvent nous échappe. De quoi nous faire réfléchir en ce début de frénésie des Fêtes.

 

Critique de livre

Je tue, Giorgio Faletti, 2002 (traduction française: 2004), 569 pages.

Christelle Lison

«Sea, Sun and Murders». Eté 2002, la principauté de Monaco est une nouvelle fois envahie de touristes. Mais pour les Monégasques, la vie continue. Ainsi, Jean-Loup Verdier, animateur vedette de Radio Monte-Carlo, anime, comme d’habitude, son émission de libre antenne. Mais un soir, l’appel d’un auditeur lui glace le sang. La voix inquiétante et métallique qui se présente sous l’énigmatique «Je suis un homme et personne», conclut son intervention par un laconique «Je tue». Cet homme qui se prétend meurtrier raconte qu’il exorcise sa propre folie par le meurtre, seul moyen pour lui de trouver le repos. Évidemment, l’appel n’est pas pris au sérieux et passe pour une blague de mauvais goût. Mais le lendemain, macabre découverte dans le port monégasque: un couple a été sauvagement assassiné à bord d’un yacht. Le tueur leur a ôté le cuir chevelu… et le visage, avant de signer son forfait «Je tue». Frank Ottobre, agent du FBI, et un jeune commissaire de la Sûreté Publique de Monte-Carlo, Nicolas Hulot, vont enquêter sur la série de meurtres qui suivra: tous sont signalés de la même façon par un indice musical sur l’antenne de RMC, et tous portent la même signature: «Je tue», écrit avec le sang des victimes sans visage. La chasse à l’homme commence…

Encore faudrait-il savoir qui joue le prédateur et qui joue la proie.

Ce thriller, typique, propose une intrigue très bien ficelée, avec son lot de frissons et d’horreurs, sur des choix musicaux qui permettent de retrouver certains vieux classiques. Les personnages, bien décrits, nous amènent à nous questionner et à vouloir comprendre la psychologie d’un individu qui se lance dans une série de crimes particulièrement atroces. Et si le meurtrier voulait simplement devenir quelqu’un d’autre?

 

Critique CD

O My Heart, Mother Mother, Last gang records, 2008.

Andrée-Anne Boudreau

O My Heart, deuxième disque du quintet torontois Mother Mother, s’est déjà fait beaucoup complimenter. Voyez un peu les commentaires flatteurs du Chicago Magazine : «Vocal Harmonies even Queen would be proud of.» D’ailleurs, un collègue à qui je tentais de décrire la diversité sonore m’a tantôt répondu : «Ah okay, un peu à la Queen, là mama mia mama mia…» C’est là où je voulais en venir.

Tout le monde reconnaît quelque chose dans cet album, qui se distingue néanmoins par sa nouveauté. Pour ma part, il me faisait même penser par moments à des chansons de Noël, chantées en chœur, avec les notes hyperaiguës du triangle, ou de petites clochettes. Et pourtant je m’imaginais bien l’avoir écouté l’été et j’y aurais trouvé des musiques relax à écouter au parc, entre amis, à la plage, en vacances, quoi!

Leur musique accrocheuse rappelle les ballades pop qu’on retrouverait sur une bande de film comme American pie, dans le genre camp musical. De nombreuses voix d’accompagnement, tantôt masculines, tantôt féminines, graves ou aiguës, qui viennent supporter la voix principale. On est loin du dénué ici. C’est du tout garni, relish-moutarde-ketchup-oignons. Il y a tellement de notes de fond, tellement de remplissage que parfois on se sent envahis. Mais, en général on se sent plutôt porté par la musique et on ne peut réprimer l’envie de hocher la tête en guise d’appréciation.

En somme, on accroche d’emblée et on écoute pour cuisiner, étudier, se brosser les dents, ce qu’on voudra. Musique passe-partout, elle s’écoute en toute saison et en tout lieu, sans nécessairement devenir notre coup de cœur de l’année 2008.

P.S. Une autre bonne raison d’acheter, trouvée sur internet: 6,99$ pour un temps limité.

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