Alors que le numéro 33 de son père allait être suspendu au plafond du Centre Bell dans moins de 24 heures, Frédérick Roy, joueur des Remparts de Québec, a fait preuve d’un incroyable manque de timing.
Jessica Lapinski-Dejardin
Le soir même, l’organisation du Junior de Montréal avait honoré Patrick Roy, maintenant entraîneur des Remparts de Québec, pour ses accomplissements avec le Canadien de Montréal.
Mais c’était avant que le fils de Patrick n’assène un double-échec à la mâchoire de Vincent Bourgeois, du Junior. Un geste gratuit qui a coûté au jeune Roy 15 matchs de suspension en vertu du règlement imposé par LHJMQ après les événements du 22 mars dernier, qui mettaient en vedette son frère aîné Jonathan.
On se rappellera que Jonathan Roy avait été impliqué dans une bagarre avec le gardien Bobby Nadeau, des Saguenéens de Chicoutimi, lors d’une rencontre des séries éliminatoires. Les images des coups violents portés par Roy à son adversaire avaient rapidement fait le tour de l’Amérique, voire du monde entier. Comme suite à l’incident, la LHJMQ, fortement encouragée par la ministre Michelle Courchesne, avait émis une série de nouveaux règlements visant à enrayer la violence du hockey junior.
Ironiquement, Frédérick Roy a été le premier joueur à écoper des nouvelles règles plus sévères mises en place par le circuit Courteau.
«Parle à tes gars, Patrick»
Frédérick et Jonathan ont de qui retenir. Rares sont ceux qui ne connaissent pas le fougueux caractère de leur père. Alors que certains croient que ce n’était qu’une facette de la combativité du numéro 33, d’autres ont critiqué le tempérament bouillant de l’ancien gardien du Canadien, au point de blâmer l’organisation pour sa décision d’immortaliser l’ancien porte-couleur en retirant son chandail.
Mais Patrick Roy est un gagnant. Ses quatre bagues de la Coupe Stanley en témoignent autant que ses trois trophées Vézina. Frédérick et Jonathan n’ont quant à eux encore rien démontré. Leur impulsivité ne fait qu’entacher une ligue qui a déjà du plomb dans l’aile.
Comme l’a écrit Bertrand Raymond dans le Journal de Montréal: «Le temps est peut-être venu pour Patrick Roy d’avoir une sérieuse discussion avec ses fils qui ne se font pas remarquer pour les bonnes raisons dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec.»
Le tempérament de ses enfants pourrait coûter cher à l’ancien gardien du Tricolore. Pressenti par plusieurs analystes comme un futur entraîneur dans la Ligue nationale de hockey, Patrick Roy a déjà une tache à son dossier: il a été suspendu pendant cinq rencontres au printemps dernier pour «conduite préjudiciable», en lien avec les agissements de son fils Jonathan.
Bien qu’il ait été un gardien de but adulé par la majorité des amateurs de hockey, Patrick Roy est désormais une personnalité critiquée. Et même si les parents ne sont pas nécessairement responsables des gestes de leurs enfants, Roy devrait discuter avec ses fils avant qu’ils ne nuisent davantage à ses aspirations.
Comme l’a suggéré Bertrand Raymond, Roy devrait peut-être en glisser un mot à Guy Lafleur. Après tout, ce dernier en connaît long sur le sujet…

