Expositions engagées

28 janvier 2009

Avait lieu le 14 janvier dernier à la Galerie dart du Centre Culturel de lUniversité de Sherbrooke, le vernissage de deux expositions aux thèmes similaires. Cet événement levait le voile sur Mines dordures de Paul-Antoine Pichard et Développement en images, à lEspace invitation, une exposition produite par Ingénieurs sans frontières Canada.

Audrey Paris

Paul-Antoine Pichard, un photographe français, mais aussi un grand voyageur, témoigne du quotidien désarmant de milliers dhommes, femmes et enfants qui ont trouvé refuge dans les dépotoirs de leur ville. De Bombay à Dakar, en passant par Antananarivo à Madagascar, le photographe engagé sest attiré la confiance des habitants des décharges pour présenter au reste du monde, sans pudeur ni jugements, la dureté de leur quotidien. Absent lors du vernissage de Mine dordures, M. Pichard a quand même tenu à introduire son œuvre par le visionnement dune courte vidéo qui se termine par un seul mot: recyclez.

Dans la salle dexposition, les photographies, imposantes par leur taille, teintent les murs blancs dun univers parallèle, voire irréel. Les photos sont accompagnées, pour la plupart, par des notes de lartiste. De courtes phrases, parfois des anecdotes touchantes, parfois des faits poignants, qui enrichissent limage sans toutefois gâcher la parole même de la photo. Lartiste joue avec nos émotions en suscitant chez le spectateur autre chose que de la pitié. Comme une prise de conscience simpose, lexposition nous rappelle les mamans qui nous ont toujours obligés à finir nos assiettes étant jeunes. On comprend alors que les restes de table sont des mines dor pour ces familles affamées.

Clichés francs

Quant à lexposition Développement en images, il sagit dun des projets de la section sherbrookoise dIngénieurs sans frontières. Ce groupe travaille à la conscientisation de la communauté universitaire sur limportance du développement durable, du commerce équitable et dautres enjeux planétaires. Il aura permis à neuf étudiants de lUniversité de Sherbrooke dapporter leur énergie et leur temps aux familles du Burkina Faso et du Mali. De retour au pays, ils ont ressenti le besoin fondamental de concrétiser lexpérience vécue en une exposition de photos révélatrices et sans artifices. Dans la simplicité et la beauté des clichés choisis, ces photographes professionnels et amateurs ont capté la réalité telle quelle est.

Lors du vernissage, des membres et photographes dIngénieurs sans frontières section Sherbrooke apportaient des précisions sur les photos et parlaient de leur expérience avec les visiteurs friands den savoir davantage. La banalité touchante des menus détails, comme le grain que les villageois utilisent pour faire leur pâte, venait rehausser la simplicité des clichés. La beauté de cette exposition se cache dans la véracité et la franchise du message quelle transmet.

Mine dordures et Développement en images tombent à pic dans la froideur de janvier qui est paradoxale à lenvironnement de ces deux expositions qui valent sans contredit le déplacement. À noter que ces œuvres photographiques seront en vitrine au Centre culturel jusquau 22 février 2009.

 

    

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