Trépas prorogé
28 janvier 2009
Enfin, chers lecteurs, le moment que vous attendiez tous (avec une impatience non contenue, j’en suis convaincue) est arrivé! Le suspense entretenu par la une du dernier numéro, pendant sept semaines plutôt que les deux habituelles, n’est plus. La fin du Collectif? Eh bien, comme vous pouvez le constater, ce ne sera pas pour l’hiver 2009.
Sarah Saïdi
Mais d’abord, laissez-moi user de ce que je pourrais appeler mon honnêteté mal placée pour vous avouer qu’obtenir le poste de rédactrice en chef du Collectif n’a jamais concrètement fait partie de mes plans. Mes ambitions de départ n’excédaient pas le poste de correctrice en chef (et ici, ne faisons pas de mauvaise interprétation facile: je n’insinue nullement que le nouveau correcteur en chef manque d’ambition!). En fait, pour jouer la carte de l’honnêteté mal placée jusqu’au bout, l’idée de devenir rédactrice en chef me tentait comme on peut se permettre de rêver, dans un délire utopique, de devenir premier ministre tout en se disant que malgré notre bonne volonté, jamais nous ne serions à la hauteur. Je sais, je sais, vous vous demandez sûrement comment j’ai finalement abouti à ce poste. La réponse: à découvrir dans deux paragraphes. En plus, j’avais peur… peur des éditoriaux! Et c’est cette même fille qui se disait hier encore: «Mais qu’en ont-ils à foutre de ce que j’ai à dire!» qui a pondu aujourd’hui, pour le plaisir ou le déplaisir de vos esprits, son premier édito (ou épanchement inopportun, car comme dirait si bien le palefrenier: chassez le naturel, il revient au galop). Heureusement pour vous et moi, je suis fort bien entourée par une équipe toute fraîche de chefs de pupitres et un groupe d’assidus collaborateurs, qui eux, ne semblent avoir peur ni des mots ni de leur absence.
D’ailleurs, parlant de chef de pupitre, j’en profiterais pour vous inviter à glisser votre regard vers le bas de la page et à constater la présence du mot vacant à la suite du titre de directeur adjoint dans l’encadré L’équipe du
Collectif. Mon prédécesseur n’était donc pas si alarmiste avec sa une inquiétante et son éditorial enflammé. Vous avez d’ailleurs été nombreux à y réagir et j’espère que vous êtes heureux du trépas prorogé de votre journal étudiant.
Ne vous méprenez pas: j’utilise le terme prorogé pour 1- l’utiliser encore un peu avant que plus personne ne se rappelle sa définition et 2- faire une belle allitération et non pas parce que j’anticipe la mort du Collectif dans un avenir proche. Disons que je l’anticipe, car tout finit par mourir un jour, mais dans l’avenir le plus lointain possible. Certes, les membres du conseil de rédaction sont presque toujours élus par acclamation, par bras tordu ou par souci que ce journal ait un rédacteur en chef. Cela n’empêche pas Le Collectif d’avoir encore sa place au sein de la communauté étudiante. Ce n’est ni un endroit où l’on fait l’éloge de l’Université ni un endroit réservé aux membres d’une faculté. C’est un espace privilégié que vous avez pour vous exprimer et vous informer sur tout ce qui vous intéresse vraiment en tant qu’étudiant, que ce soit à l’Université où ailleurs. Comme son nom l’indique, il se veut rassembleur, il vous aime et il vous veut tous autant que vous êtes! Bon, j’extrapole peut-être un peu sur les derniers points, mais comme j’en suis la porte-parole, je peux bien lui faire dire ce que je veux…
J’ai contribué au Collectif à divers postes pendant un an, j’ai vu des rédacteurs en chef se passer le flambeau de session en session, et à la lumière de ce que j’ai appris, j’ai envie de vous offrir pour la prochaine session un journal étudiant encore plus ouvert aux différents groupes étudiants et facultés, encore plus collectif. Mon défi - et aussi celui que je vous lance - mettre fin au mythe du Collectif, journal-de-la-FLSH-écrit-par-des-étudiants-en-communication pour faire place à la réalité, Le Collectif, le journal de tous les étudiants de l’Université de Sherbrooke.
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