Viva un monde libre!

28 janvier 2009

Je suis arrivé au Canada comme immigrant en avril 2008, de Palmas-Tocantins, une belle ville du nord du Brésil. C’était un jour de grande joie, celui d’avoir la chance de recommencer une nouvelle vie, dite meilleure, mais aussi un jour de grande appréhension parce que c’est le moment où j’ai pris pleine conscience de tous les défis que j’aurais à affronter. Avant tout, cette date marque le commencement d’un engagement avec la société d’ici.

Peut-être que mon expérience d’avoir déjà vécu dans différents pays m’aide à trouver plus facilement ma place ici. Ainsi, je devrais être très content de ma vie actuelle. Or ce qui m’attriste est de savoir qu’il y a beaucoup d’immigrants et d’étrangers en général, peut-être la grande majorité, qui sont déjà ici depuis longtemps, mais qui, au point de vue de l’intégration sociale, sont en marge de la société. Ils disent souvent trouver une résistance de la part de la société d’accueil. J’ai quand même trouvé difficile de recevoir leurs témoignages à cet égard: c’était flagrant que les révéler touchait leurs frustrations, leur douleur de ne pas faire partie effective de la société québécoise. Et c’était dans ces moments que soudainement leur affliction silencieuse est devenue aussi la mienne et pour la première fois, je me suis mis à écrire et à réécrire, fébrilement. Je pensais qu’en montrant un peu de notre âme «nègre», de notre vulnérabilité et de nos espoirs, nous pourrions peut-être être compris et finalement acceptés.

D’autre part, il me semble important d’avoir à l’esprit que ça ne fait pas longtemps que le Québec reçoit de nouvelles vagues massives d’immigrants. Cela cause, naturellement, une appréhension et une incompréhension de certaines personnes d’ici. Alors, à mon avis, il ne s’agit pas de racisme… En effet,  il est hors de question de trouver ici un coupable. Je crois plutôt que cette réaction est liée au fait que le contact avec des valeurs différentes nous force à nous interroger et met en cause nos propres valeurs et cela engendre la peur du rapprochement. Pourtant, au contraire, de cette «confrontation» peuvent naître les bénéfices de l’échange interculturel…

En fait, je crois que nous pouvons, même à travers des petits gestes, lutter contre toute forme d’exclusion, d’oppression et de souffrance humaine. De toute manière, chaque geste est un geste politique, alors celui qui ne se positionne pas accepte le statu quo; qui ne dit mot consent. Que nous prenions aussi conscience que notre silence, notre léthargie et nos attitudes sont plus éloquents que nos mots et que notre indifférence blesse le prochain autant que les autres misères humaines.

Hier, j’ai écrit, résigné, que les mensonges et l’ignorance font de nous des esclaves. Cette nuit, je me suis réveillé et en souriant, je me suis précipité dans l’obscurité pour ajouter à ce texte : «On ne peut être libre qu’à travers la vérité et notre capacité à l’amour infini.» Plus tard, dans un rêve, j’ai entrevu une personne en train de jeter une pierre dans l’océan. En me rapprochant pour apprécier les ondes qui se multipliaient, tel l’effet papillon, j’ai vu que la petite pierre était vous. Le changement partira de chacun de nous tous mes frères et mes sœurs! Comme une pierre lancée dans l’eau qui transforme ce qui l’entoure.

Cesar Costa

cccosta87@hotmail.com

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