Avait lieu le 14 janvier dernier à la Galerie d‘art du Centre Culturel de l‘Université de Sherbrooke, le vernissage de deux expositions aux thèmes similaires. Cet événement levait le voile sur Mines d‘ordures de Paul-Antoine Pichard et Développement en images, à l‘Espace invitation, une exposition produite par Ingénieurs sans frontières Canada.
Audrey Paris
Paul-Antoine Pichard, un photographe français, mais aussi un grand voyageur, témoigne du quotidien désarmant de milliers d‘hommes, femmes et enfants qui ont trouvé refuge dans les dépotoirs de leur ville. De Bombay à Dakar, en passant par Antananarivo à Madagascar, le photographe engagé s‘est attiré la confiance des habitants des décharges pour présenter au reste du monde, sans pudeur ni jugements, la dureté de leur quotidien. Absent lors du vernissage de Mine d‘ordures, M. Pichard a quand même tenu à introduire son œuvre par le visionnement d‘une courte vidéo qui se termine par un seul mot: recyclez.
Dans la salle d‘exposition, les photographies, imposantes par leur taille, teintent les murs blancs d‘un univers parallèle, voire irréel. Les photos sont accompagnées, pour la plupart, par des notes de l‘artiste. De courtes phrases, parfois des anecdotes touchantes, parfois des faits poignants, qui enrichissent l‘image sans toutefois gâcher la parole même de la photo. L‘artiste joue avec nos émotions en suscitant chez le spectateur autre chose que de la pitié. Comme une prise de conscience s‘impose, l‘exposition nous rappelle les mamans qui nous ont toujours obligés à finir nos assiettes étant jeunes. On comprend alors que les restes de table sont des mines d‘or pour ces familles affamées.
Clichés francs
Quant à l‘exposition Développement en images, il s‘agit d‘un des projets de la section sherbrookoise d‘Ingénieurs sans frontières. Ce groupe travaille à la conscientisation de la communauté universitaire sur l‘importance du développement durable, du commerce équitable et d‘autres enjeux planétaires. Il aura permis à neuf étudiants de l‘Université de Sherbrooke d‘apporter leur énergie et leur temps aux familles du Burkina Faso et du Mali. De retour au pays, ils ont ressenti le besoin fondamental de concrétiser l‘expérience vécue en une exposition de photos révélatrices et sans artifices. Dans la simplicité et la beauté des clichés choisis, ces photographes professionnels et amateurs ont capté la réalité telle qu‘elle est.
Lors du vernissage, des membres et photographes d‘Ingénieurs sans frontières section Sherbrooke apportaient des précisions sur les photos et parlaient de leur expérience avec les visiteurs friands d‘en savoir davantage. La banalité touchante des menus détails, comme le grain que les villageois utilisent pour faire leur pâte, venait rehausser la simplicité des clichés. La beauté de cette exposition se cache dans la véracité et la franchise du message qu‘elle transmet.
Mine d‘ordures et Développement en images tombent à pic dans la froideur de janvier qui est paradoxale à l‘environnement de ces deux expositions qui valent sans contredit le déplacement. À noter que ces œuvres photographiques seront en vitrine au Centre culturel jusqu‘au 22 février 2009.

