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Le Postergate se poursuit…

Posted on 28 janvier 2009 by admin

Un autre chapitre du Postergate a été écrit durant les fêtes (lire: Le «Postergate» ou la fierté étudiante, 10 novembre 2008, Le Collectif). Dans la Tribune du 23 décembre, le journaliste François Gougeon dénonce à nouveau la présence d’affiches en anglais sur les murs de la Faculté de médecine et des sciences de la santé, et ce même si l’Office de la langue française a annoncé qu’il n’avait pas la juridiction nécessaire pour faire retirer les affiches. Il ne faut pas prendre cet article à la légère; la réputation de l’Université de Sherbrooke est en jeu.

Fred Duke

Je vous résume cette histoire que je croyais morte et enterrée : un groupe, dont je ne ferai certainement pas la publicité ici, a déposé une plainte à l’Office de la langue française concernant la présence d’affiches en anglais sur les murs de la Faculté de médecine et des sciences de la santé. Ces affiches ont été conçues pour être présentées durant une conférence internationale. À leur retour, les étudiants et les chercheurs de la Faculté ont pris l’habitude de les afficher dans les corridors. Ainsi, les travaux rapportés sur ces affiches sont partagés avec l’ensemble des membres de la Faculté et de ses visiteurs.

Finalement, après de nombreuses péripéties, dont le refus catégorique des chercheurs et des étudiants de retirer les affiches, la plainte n’a pas été retenue. Par contre, précisons que certaines affiches (une très petite minorité) avaient enfreint les règles de l’Université, soit de traduire le titre de l’Université (University of Sherbrooke) et de ses départements, le seul petit fondement de cette plainte. Par contre, elle a peut-être détruit la réputation de l’Université de Sherbrooke aux yeux du public. C’est vraiment ironique: la recherche, la fierté de l’Université de Sherbrooke, a été utilisée pour peindre une image déformée du respect de la qualité du français à l’intérieur de ses murs.

Mettons quelques choses au clair… Est-ce que Bombardier présente ses produits en français à ses clients japonais? Bien sûr que non. Bombardier adapte ses produits et ses présentations en fonction du public-cible. En publiant en français, nous limitons grandement l’accessibilité à nos travaux scientifiques. Nos découvertes doivent être partagées pour faire avancer les connaissances et malheureusement, cela passe par l’anglais. Est-ce que les contribuables québécois seraient heureux d’apprendre que leur contribution à la recherche se retrouve dans un cul-de-sac linguistique? Certainement pas! Limiter la diffusion de nos résultats scientifiques (que ce soit linguistiquement, ou autrement) annoncerait la mort imminente de la recherche québécoise.

Un chercheur passe plus de la moitié de son temps à présenter, à diffuser, à communiquer et à enseigner ses découvertes en anglais ou en français. S’il ne le fait pas, il perdra ses fonds de recherche. La réalité est la suivante: les chercheurs québécois font partie, à juste titre, de l’élite mondiale et diffusent leurs travaux dans la langue la plus lue mondialement, l’anglais, tout comme le font les Français, les Allemands, les Chinois, les Russes, etc. La majeure partie de ces affiches seront en anglais, c’est une question de survie. De plus, ces affiches n’ont aucune influence sur la qualité du français à l’Université de Sherbrooke… mais leur contenu scientifique en a sans aucun doute une!

M. Gougeon, s’il vous plaît, mettez votre plume à rétablir un enseignement convenable du français dans nos écoles primaires et secondaires plutôt que de nuire à la diffusion du savoir si chèrement acquis par nos étudiants et nos chercheurs. Il est clair que vous avez besoin de mieux choisir vos batailles.

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