Fans de hockey, vous souvenez-vous de la LNH à l’ère pré lock-out? Avez-vous encore en mémoire cette époque où le spectacle était fortement compromis par l’accrochage et où jouer la «trappe» était la stratégie à la mode? Pire encore: vous, partisans du Tricolore, vous rappelez-vous les éditions pas trop glorieuses du Canadien, alors que les Savage, Dykhuis, Berezin et compagnie ne parvenaient pas à mener l’équipe en séries éliminatoires?
Jessica Lapinski-Dejardin
Il n’y a pas à dire, au cours des dernières années, les fans de hockey en ont bavé. Heureusement, la Ligue nationale a mis l’épaule à la roue depuis la saison 2003-2004, et plusieurs modifications ont été apportées afin de rendre le jeu plus excitant. Le plafond salarial a notamment instauré une certaine parité au sein de la Ligue, ce qui rend la course aux séries exaltante saison après saison. Cela a eu comme impact de ramener une clientèle de déserteurs dans les amphithéâtres nord-américains, et d’attirer de nouveaux adeptes.
Le Canadien de Montréal n’est pas en reste. L’arrivée d’espoirs prometteurs, tels que Carey Price, ainsi que des actions de marketing soutenues ont permis de conquérir de nouveaux publics. Comme le disait le slogan, la ville est hockey. Et pour avoir vécu intensément la fièvre des séries au printemps dernier, je dirais même que la province est hockey!
Mais il n’en demeure pas moins que la LNH est une entreprise dans laquelle les fans ont rarement leur mot à dire. La seule occasion que les partisans ont pour s’exprimer est le scrutin du match des étoiles, qui permet de déterminer l’alignement partant des équipes de l’Est et de l’Ouest. Au cours des dernières années, la méthode a été fortement contestée. Il y a deux ans, plusieurs amateurs de hockey ont tenté de faire élire Rory Fitzpatrick, un défenseur qui est loin de détenir un statut de joueur vedette, au sein de la formation partante. L’opération a échoué de justesse.
Cette année, pour célébrer le Centenaire du Canadien, le match des étoiles s’est tenu à Montréal avec, sur la formation partante, quatre joueurs tricolores élus par les partisans. Mais sans Alexander Ovechkin, le joueur vedette des Capitals de Washington qui a dû se contenter d’une invitation de la LNH, puisqu’il n’avait pas été choisi par les fans. Les médias, même montréalais, ont fortement décrié le fait qu’Alex Kovalev, qui a des statistiques de loin inférieures à celles de son compatriote, se soit aligné aux côtés de Malkin et de Crosby au détriment d’Ovy. Selon certains chroniqueurs et journalistes, l’élection de Kovalev et de Mike Komisarek au sein de l’équipe d’étoiles est une honte pour le hockey.
Mais qui paie 400$ pour assister à la classique des étoiles? Les fans. Et cette année, ce sont les fans du Canadien de Montréal, pour la plupart. Pourquoi ne pas leur laisser le droit d’admirer leurs idoles s’aligner au milieu de l’élite du hockey, alors que ce sont ces mêmes partisans qui ont déboursé une petite fortune pour être de la partie? Et ce, après avoir mangé leur pain noir pendant des années…

