En plein processus de syndicalisation, les auxiliaires d’enseignement et de recherche emboîtent le pas à la majorité de leurs collègues des universités du Québec. Affilié à l’Alliance de la Fonction publique du Canada et à la Fédération des travailleurs du Québec, le tout nouveau syndicat des auxiliaires de recherche et d’enseignement de l’Université de Sherbrooke (SAREUS) possède des solutions très précises. L’exécutif provisoire compte organiser l’assemblée générale de formation le mois prochain.
Emmy Grand-Maison
Julien Laflamme, président par intérim, explique que l’extrême vulnérabilité de la fonction d’auxiliaire d’enseignement et de recherche représente un problème. Il donne l’exemple d’une étudiante employée par entente verbale pour un emploi à 14$/heure qui se retrouve avec un salaire de 12,60$/heure sur son talon de paie: «Elle n’a aucun recours, c’est la parole de l’un contre celle de l’autre. Ce n’est pas une situation évidente quand il faut faire face seul à une machine comme l’administration universitaire. On veut que notre travail soit reconnu à sa juste valeur.»
Les 1400 étudiants qui appuient les professeurs dans différentes tâches comme les laboratoires, la correction, la recherche et autres pourront bénéficier d’une institution de défense de leurs droits d’employés. Le référendum organisé par la Commission des relations de travail du Québec à l’automne passé a révélé que plus de 90% des auxiliaires répondants ont voté en faveur d’un mouvement de syndicalisation pour les auxiliaires de l’Université de Sherbrooke. Avec 474 cartes d’adhésion, l’exécutif provisoire travaille à rédiger les règlements généraux du regroupement à l’image des conciliateurs travail-études et se prépare à la négociation.
L’emploi d’auxiliaire se révèle parfois précaire, et en cas de conflit ou d’accident de travail, aucun règlement ne protège la situation des étudiants. Des problèmes comme des ententes verbales non respectées, des mois de dur labeur pour de la recherche sans reconnaissance écrite dans l’ouvrage publié, des dépassements d’heures ou un manque de formation en santé et sécurité ont été rencontrés par le passé. Un regroupement pour défendre et appuyer les auxiliaires est donc tout à fait le bienvenu.
M. Laflamme affirme par ailleurs que le syndicat est bien perçu dans le milieu professoral. Lorsque les fondations seront mises en place, il est persuadé qu’il n’y aura pas de problèmes majeurs et que les choses se dérouleront d’elles-mêmes. Il y a des professeurs qui se sont montrés favorables au processus de syndicalisation qui crée, selon eux, un cadre de références. Il y a certaines tâches relatives aux ressources humaines qu’ils n’auront plus à exécuter. L’administration de l’Université a semblé compréhensive et n’est pas intervenue dans la formation du syndicat.
Les étudiants, employés à temps partiel par nos enseignants, comptent encadrer le respect de leurs droits par une meilleure formation en santé et sécurité au travail, une meilleure représentation face aux instances supérieures de l’Université de Sherbrooke, des compensations financières pour les congés de maternité, le respect des heures travaillées, le respect des ententes qui seront écrites en bonne et due forme, etc. Les étudiants rémunérés comme auxiliaires en enseignement et en recherche des 2e et 3 e cycles de l’Université de Sherbrooke pourraient bénéficier dès l’an prochain du processus de syndicalisation entrepris à l’été 2008.

