Produire de l’éthanol à l’UdeS?
23 février 2009
Groupe technique PECUS
Depuis l’été 2008, un tout nouveau groupe technique est actif à l’Université de Sherbrooke en génie biotechologique, le PECUS. Son objectif: arriver à produire en laboratoire de l’éthanol à partir de n’importe quelle substance végétale et rendre cette production rentable.
Marianne Drouin
Près d’une vingtaine d’étudiants, presque tous au baccalauréat en génie biotechnologique, ont décidé de se consacrer au PECUS (Production d’éthanol cellulosique de l’Université de Sherbrooke) comme activité parascolaire. Le tout a commencé à la suggestion d’un de leurs professeurs, dans le cadre d’un projet d’intégration d’un de leurs cours. Par la suite, les étudiants ont continué à travailler sur ce projet. «Au début, c’était surtout beaucoup de paperasse juste pour se faire accréditer comme groupe. Nous avons commencé les démarches depuis l’hiver 2008, et sommes reconnus depuis le mois d’août», raconte Véronique Paradis, une des membres du groupe PECUS.
Les étudiants participent au groupe simplement par intérêt personnel, pour parfaire leur apprentissage. «Ça nous permet de mettre en application la théorie qu’on apprend dans nos cours», d’en faire un usage concret, explique Stéphanie Jean, une autre membre du groupe. C’est aussi la fierté de s’accomplir ailleurs que durant les cours, celle de gérer le groupe et le projet de façon autonome, ou encore pour les étudiants présents dans le PECUS dès le départ, la fierté de pouvoir se dire «j’ai fondé un groupe technique».
Chaque département de génie a son groupe technique composé d’étudiants désirant en faire plus que ce qu’on leur demande dans le cadre de leur baccalauréat. Des futurs ingénieurs motivés consacrent ainsi quelques heures de leur temps libre par semaine à travailler sur un projet. Plusieurs groupes techniques en génie existent déjà à l’UdeS, par exemple celui qui construit un canot de béton, SherBroue, qui produit de la bière, ou encore RECRUS, qui élabore un robot de combat.
Les pour et les contre de l’éthanol
Quand on entend parler de production d’éthanol, plusieurs environnementalistes s’y opposent, soulevant tous ses désavantages. Actuellement, au Canada, on fabrique l’éthanol essentiellement à partir de maïs et de blé, ce qui est le plus simple et le plus rentable. Plusieurs objections ont été soulevées: hausse du prix des denrées alimentaires, utilisation des sols pour produire un combustible et non pour l’alimentation, qui constitue un besoin plus criant, et bien sûr tous les inconvénients de la monoculture.
Alors pourquoi vouloir produire de l’éthanol? Eh bien justement, les étudiants du PECUS désirent arriver à créer de l’éthanol à partir de n’importe quelle matière cellulosique, c’est-à-dire tout ce qui est végétal. On pourrait alors produire un combustible à partir de déchets agricoles et ligneux ou d’arbres à croissance rapide, comme la paille de blé, la canne de maïs ou le peuplier. L’avantage de l’éthanol dans ce cas serait d’être fait à partir de matière renouvelable et non-alimentaire, dans le cas où les ressources pétrolières seraient épuisées.
[Encadré]
L’éthanol est un alcool composé d’oxygène, d’hydrogène et de carbone. Il est issu de la fermentation du sucre ou de la conversion de l’amidon que contiennent les céréales et d’autres matières agricoles ou agroforestières. L’éthanol peut être transformé pour diverses applications, par exemple en éthanol industriel ou en éthanol-carburant. Plusieurs stations-service à travers le Canada offrent maintenant un carburant constitué à 10% d’éthanol, un taux auquel la plupart des voitures peuvent fonctionner.
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