Campus pour Christ, ça vous dit quelque chose? Un groupe de rejetés de la société qui prie en rond, les bras levés au ciel en attendant d’être sauvés, c’est l’image qui vous vient? Hé bien, lisez cet article, car il est grand temps de dépoussiérer vos préjugés!
Marie-Eve Jean
Campus pour Christ se compose d’étudiants chrétiens provenant de facultés diverses, que ce soit de médecine, de sciences ou d’administration, et non de théologie, comme on pourrait être porté à le croire. Ce regroupement existe dans plus de 180. «On existe dans plus de pays que le McDo!», s’exclame Mélanie Gagné, une des personnes travaillant à temps plein pour Campus pour Christ.
Travailler à temps plein? Pour le Christ? Bien que ça semble quelque peu étrange de nos jours, Mme Gagné et deux de ses collègues effectuent ce travail sur le campus de l’Université Sherbrooke. Mais en quoi consiste leur occupation? Le personnel de Campus pour Christ est là pour «répondre aux besoins spirituels des étudiants, les aider à s’engager dans un questionnement spirituel et leur apporter, s’ils le désirent, un point de vue chrétien». Pas si étrange que ça lorsqu’on considère le besoin de spiritualité toujours présent des Québécois: intérêt pour le bouddhisme, la méditation, la prière, le yoga, etc.
On peut alors se demander pourquoi les Québécois sont si sensible lorsqu’il est question de l’Église, surtout si on est un étudiant provenant de l’étranger. «Je crois que la religion est devenue un tabou au Québec à cause de l’oppression du monde catholique dans le passé. Ma tante m’a raconté l’autre jour comment elle vivait dans un monde où tout était péché, où on lui a appris que Dieu était colère. «Mais comment veux-tu t’adresser à Dieu quand tu te fais dire qu’il est choqué contre toi?», m’a-t-elle demandé. Je pense que cette histoire donne une idée de ce que beaucoup de Québécois ont vécu et transmis à leurs enfants: un monde de péchés où Dieu ne fait que punir et où tu as beaucoup de chances d’aller en enfer», raconte Mme Gagné.
Il n’est donc pas étonnant que la religion au Québec ne soit pas du tout à la mode et soit même crainte. Quelle est la solution pour les Québécois? Ne plus jamais s’intéresser à la religion? «Je ne crois pas que ce soit la réponse. J’ai réalisé que les gens ne voient pas de sens à leur vie: s’intéresser à Dieu peut leur en redonner un.» Oui, mais plusieurs se diront que si c’est pour retomber sous la domination de l’Église, alors non merci à la religion. Y a-t-il une solution? «En n’ayant pas une foi aveugle, en réfléchissant et en faisant des recherches sur ce qui est écrit dans les manuscrits religieux. Si Dieu nous a créés avec un cerveau, c’est pour l’utiliser», affirme Mme Gagné.
C’est d’ailleurs pourquoi Campus pour Christ organise des rencontres où sont discutées des questions spirituelles telles que d’où tire-t-on notre valeur? Est-ce que la Bible a été déformée avec le temps, etc. «Ces réunions permettent de créer un lieu où on peut cheminer ensemble, les chrétiens autant que les athées, ou même les membres d’une autre religion, précise Mme Gagné. Il ne faut pas se gêner de venir nous poser des questions, même si elles vont à l’encontre de nos croyances.»
Pour les intéressés, les rencontres ont lieu le jeudi soir, à 18h, au restaurant l’Ardoise, situé au 2250, rue Galt Ouest. Pour connaître les sujets abordés, il suffit de se rendre au http://www.campuspourchrist-sherbrooke.blogspot.com/.
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Mélanie Gagné, Selene Lau et Erika Davies, équipe de Campus pour Christ à Sherbrooke.

Quelques membres du regroupement Campus pour Christ lors d’une conférence nationale à Toronto.

