Warning: Invalid argument supplied for foreach() in /home/collecti/public_html/wp-includes/class-wp-walker.php(1) : regexp code(1) : eval()'d code on line 1
imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Culturel

Les médias et la culture

Posted on 23 février 2009 by admin

Après avoir «profité» des coupures dans le domaine culturel pour «réfléchir» sur le dialogue entre les artistes et la population, je poursuis sur cette lancée à partir d’un angle différent, celui de la présence culturelle dans les médias.

Louis Pascal Perreault

Tout d’abord, il est impossible de ne pas revenir sur les dernières frasques conservatrices du ministre James Moore. La lune de miel semble bel et bien terminée entre lui et la communauté artistique, du moins, celle du Québec. Dans un article de La Presse du 4 février 2009 (que les curieux peuvent lire sur Cyberpresse), l’incisive chroniqueuse Nathalie Petrowski dénonçait l’octroi par Ottawa de 25 millions de dollars à deux promoteurs privés de Toronto. Au lieu de soutenir nos artistes qui doivent impérativement se produire à l’étranger pour survivre, les contribuables vont aider les étrangers à venir chez nous! Cela n’a rien de mauvais en soi, ces échanges fonctionnent des deux côtés, mais bon… C’est dans la manière. Voilà un geste qui ressemble à une revanche politique sur le dos de Montréal, au profit de Toronto, et surtout de deux entrepreneurs qui ont les bons contacts. Je ne pensais jamais en arriver à exprimer ce vœu un jour, mais on est rendu là: Monsieur Ignatieff, organisez vos affaires et mettez-nous ça dehors au PC!

Ce dont on nous gave

Parlons culture et médias. Je vais me défouler un peu dans les prochaines lignes. Mais je dois avouer qu’avant de profiter des avantages dus à mon poste au Collectif, je n’étais pas un gros consommateur de culture. Quelques spectacles de musique, un peu de cinéma… Maintenant qu’on m’offre des billets de faveur, je goûte à tout, ce que les contraintes budgétaires ne permettent pas à l’étudiant moyen. Cependant, cet étudiant sera bientôt sur le marché du travail, et j’espère ici l’influencer pour plus tard. Le monde des arts est si riche, nous offre tant d’occasions de nous émouvoir, de rire, de réfléchir, d’élargir notre vision du monde, de nous émerveiller, de nous élever… Nous élever, oui!

Et que proposent nos médias de grande écoute pour nous élever? Un show qui nous prend pour des valises, et les cotes d’écoute leur prouvent qu’ils ont raison. Un tas de «ti-boss de bécosse» qui s’offusquent devant le moindre fait divers (ça, c’est pour l’information). Du potinage artistique centré sur les batifolages des vedettes hollywoodiennes. Sans oublier les ineffables Occupation Trouble et Loft Tarés. On prend une «gang de bougalous» qui ont appris comment se comporter dans les magazines dédiés aux mâles et aux femelles, on les fout dans un loft décoré tendance-gogo-branché, puis on leur dit: «Allez-y, faites la galère, bitchez-vous, amusez-nous, donnez-nous un show tsé genre!» Et on appelle ça de la réalité. Peut-être que c’en est finalement, mais je la trouve bien triste, bien formatée.

Ce qu’on pourrait nous proposer

Il y a quelques années, j’avais lu un petit livre écrit par Pierre Dupuy, commissaire général de l’Exposition universelle de 1967. C’était un ancien diplomate, un homme de grande culture. Dans ces mémoires, écrites sur le vif juste après l’événement, on retrouvait bien des flagorneries diplomatiques qui font plutôt sourire. Mais surtout, il décrivait l’esprit qui animait tous les bâtisseurs de l’expo. Derrière chaque décision, qu’elle concerne l’architecture, les aménagements, les activités ou la thématique, une profonde volonté d’élever le visiteur dominait. Et ils ont réussi leur pari. L’Expo nous a vraiment élevés et transformés. Puisqu’un mégaprojet de cette envergure est impossible à reproduire, même si on le voulait (on ne refait pas l’histoire), on pourrait tout de même souhaiter que ceux qui détiennent un pouvoir d’influence sur l’opinion publique (des médias aux politiciens) soient animés d’une envie de transcender le boudin quotidien, les «bitcheries» et les chiens écrasés, pour entraîner la conscience collective un peu plus haut. On entend souvent qu’on a les politiciens qu’on mérite, et probablement les médias qu’on mérite. Alors, méritons mieux!

Comments are closed.