Comment réussit-on à se bâtir une agence avec un portable et 500$? Grâce à son expérience personnelle et à ses conseils avisés, M. David Proulx, président d’une agence de planification marketing, a tenté de répondre à cette question lors de sa conférence au Carrefour de l’information le mardi 27 janvier dernier. Recommandations d’un jeune homme qui ne recule devant rien pour atteindre et même dépasser ses objectifs.
Marianne Drouin
Monsieur Proulx avertit tout de suite son auditoire: créer et développer sa propre entreprise n’a rien de facile. Les étudiants intéressés à bâtir leur agence, présents à la conférence ont été mis au fait de la dure réalité qui les attend. Ses débuts exigeants lui ont apporté beaucoup de tracas: «Je me suis fait revirer de bord, je me suis fait traiter de toutes sortes d’affaires. Je ne veux même pas en parler tellement c’est dégueulasse!» raconte monsieur Proulx.
Son premier conseil pour ceux qui désirent partir à leur compte: «Impliquez-vous!». Pour monsieur Proulx, la meilleure décision qu’il ait prise a été de devenir membre de la jeune chambre de commerce de Granby-Bromont dès 18 ans. Il a d’ailleurs insisté sur l’importance du réseautage et des contacts dans le milieu pour se construire une clientèle.
Ses études dans le domaine de l’administration terminées, M. Proulx a fait le choix difficile de se consacrer à temps plein à son entreprise. Pour se construire une clientèle, il n’a pas hésité à saisir chaque occasion qui s’est offerte à lui, mais il a aussi insisté sur l’écoute qu’il faut avoir pour le client. «Même si on a beaucoup de connaissances et de choses à dire, la seule chose que le client veut, c’est se faire écouter.» Selon David Proulx, chaque client est précieux par l’expérience qu’il apporte et les contacts qui peuvent en découler.
La lourde tâche d’être patron
Ceux qui voudraient créer leur propre entreprise pour le plaisir d’être patrons seront vite découragés: «Être boss, c’est le pire travail au monde». M. Proulx explique que le poids de la responsabilité pèse d’abord sur le patron: quand l’entreprise est florissante, c’est d’abord grâce aux employés, mais quand elle est en difficulté, le patron est le premier accusé. «Quand il y a un problème dans l’entreprise, t’as pas le choix de t’en occuper. Si ta graphiste se fait laisser par son chum, ça devient ton problème.» Il donnait cet exemple de l’une de ses employées qui avait eu des problèmes sentimentaux et tout ce qu’elle avait produit pendant deux semaines était de moindre qualité.
Comme l’Université de Sherbrooke aime bien le clamer, les leaders font le monde de demain. À ce sujet, M. Proulx croit que le prestige d’une personne n’a rien à voir avec son titre, mais plutôt avec son influence.
Poursuivre ses rêves
Malgré tout, ce dont le jeune entrepreneur est le plus fier est d’avoir réussi à réaliser son rêve, celui de bâtir une agence et de «triper» avec son équipe. M. Proulx insiste d’ailleurs beaucoup sur la notion de rêve: «Une personne ne peut s’accomplir plus que lorsqu’elle réalise un rêve. […] Quand vous avez un rêve, accrochez-vous!» La poursuite de son rêve semble avoir été pour lui sa plus grande motivation, ce qui l’a poussé à garder espoir malgré son parcours semé d’embûches.
Aujourd’hui, l’entreprise de David Proulx, OUI Marketing, avec un chiffre d’affaires annuel de près de un million de dollars, se trouve en 36e position du palmarès des agences de publicité au Québec. Son nom figure également dans le palmarès des 100 personnalités montantes du Canada par la revue Marketing.
Alors pour ceux dont c’est vraiment le rêve de bâtir leur propre agence, comment investir les 500 dollars? Se faire faire des cartes d’affaires, devenir membre de la chambre de commerce de sa région, tenir un dîner d’affaires et assister à des 5 à 7 pour réseauter, répond David Proulx. Et, bien sûr, ne pas oublier de suivre ses conseils!
[Exergue]
«Quand vous avez un rêve, accrochez-vous!»

