Février 2009 étant désigné le mois de l’histoire des Noirs, le spectacle hommage au légendaire Charlie «The bird» Parker, présenté le 5 février dernier au Centennial par l’ensemble de Rémi Bolduc, tombait pile. Un concert extrêmement relevé dans lequel le saxophone était à l’honneur.
Louis Pascal Perreault
La salle chaleureuse du Centennial offrait des conditions d’écoute optimales pour apprécier la virtuosité du saxophoniste Rémi Bolduc et de ses musiciens: Steve Amirault au piano, Fraser Hollins à la contrebasse et David Laing à la batterie. Ce noyau forme un quartet très prisé de la critique et sa renommée dépasse maintenant les frontières du Québec et du Canada. Des noms prestigieux comme Kenny Werner, Bobby McFerrin, Wynton Marsalis, Gary Peacock et la chanteuse Ranee Lee ont côtoyé l’un ou l’autre de ces musiciens. Pour l’occasion, Alexandre Côté et Alan McLean ont ajouté leur saxophone alto au quartet régulier, ce qui a donné lieu à des envolées époustouflantes.
L’apport de Charlie Parker
Il a fallu du temps pour que le saxophone, inventé par Adolphe Sax en 1842, ne se trouve une place valable dans le monde de la musique. Pour faire une histoire courte, disons que certains considéraient d’abord cet instrument étrange comme un vilain petit canard, que le jazz lui a donné sa noblesse, et Charlie Parker est un de ceux qui l’ont vraiment transformé en cygne majestueux. Rémi Bolduc explique que «Parker apparaît dans les années 40, à l’ère du swing et du big band, et entraîne le jazz sur des pistes totalement inexplorées, avec une musique innovatrice, endiablée, complexe, difficile à jouer. Commence alors l’époque des jam-sessions : les musiciens, après avoir travaillé toute la soirée, se réunissent dans des clubs, pour jouer ensemble jusqu’aux petites heures du matin. C’est la naissance d’un mouvement et Charlie Parker en est le créateur.» Il est celui qui aura le plus inspiré les John Coltrane et autres légendes qui ont poussé encore plus loin les limites du saxophone.
Rémi Bolduc décrit son spectacle comme un «espèce d’échange, de bataille de saxophones, qui veut nous replonger dans l’esprit des jam-sessions de ces années-là.» Il avoue tout de même ajouter une touche personnelle au répertoire et y apporter un son des années 2000.
C’était absolument merveilleux d’assister aux performances de chaque musicien, d’entendre les trois saxophones se superposer, s’entrelacer, se répondre, se laisser mutuellement la place. Wow, ils connaissent leur Charlie par cœur! Le son parfaitement équilibré nous donnait l’impression d’écouter cette musique sur une chaîne stéréophonique de grande qualité. Malgré cette perfection, malgré cette écoute silencieuse d’un public conquis, on aurait parfois envie de se retrouver dans l’atmosphère délurée et enfumée d’un club de jazz, là où le mouvement a pris racine…
Plusieurs spectacles sont prévus dans les prochains mois, à Montréal et dans différentes régions du Québec. Il y aurait aussi un CD pour bientôt. Ce sera à suivre pour les amateurs…

