Le développement social, un plan de Québec Solidaire
23 mars 2009
En ces temps de crise économique mondiale, nul besoin de dire que tous les acteurs sont sollicités et que de nouvelles opinions seront les bienvenues. C’est essentiellement sur cette note qu’Amir Khadir s’est fait ambassadeur des idées de Québec solidaire, lors de sa conférence du 4 mars dernier sous le thème «Est-ce à nous de payer pour leur crise?»
Jordan Bédard-Lessard
En réponse aux perturbations économiques du Québec, Amir Khadir a présenté un plan décrit comme étant en rupture avec ceux des autres partis politiques et centré surtout sur le développement social. Le financement axé sur le développement social, pour reprendre son expression, se veut une méthode par laquelle l’argent irait avant tout aux contribuables. Cette procédure permettrait un soutien équitable des régions et des grands centres urbains, qui créerait ainsi un effet boule de neige. Cette économie profitera aux développeurs d’entreprises locales, vertes et socialement responsables, et assurera des emplois qui ne seraint pas délocalisés.
Ce fameux plan d’une vingtaine de points trouverait sa source de financement dans le Fonds d’urgence des exercices financiers précédents, le Fonds des générations (exclusivement dédié à la réduction de la dette du Québec) et les redevances sur l’eau. Le tout serait ensuite investi dans certains projets: développement du transport en commun, nationalisation et construction d’éoliennes, création de places en Centre de la petite enfance (CPE) et bien d’autres. Pour appuyer ses propos, Amir Khadir a cité l’exemple de bon nombre de pays latino-américains. Ceux-ci ont utilisé des mesures sociales pour se tirer de maux économiques passés, ce qui indique qu’à la base du changement s’opère un lourd travail idéologique et un appel à l’engagement.
Dans un autre ordre d’idées, le député de Québec solidaire a tenu à dénoncer la nationalisation des entreprises en faillite dans un système où la privatisation et la course au profit sont habituellement valorisées. Il a aussi critiqué au passage l’investissement massif prévu dans les infrastructures, entre autres dans le système routier. Le politicien déplore le faible rendement à long terme qu’offrent ces mesures pour l’avenir du Québec.
Et la Caisse de dépôt?
Par la suite, Amir Khadir a entamé un discours sur les déboires de la Caisse de dépôt et de placements du Québec. Il affirme que les pertes, chiffrées à 40 milliards de dollars, découleraient de mauvais investissements causés par une perception des risques erronée. Selon le politicien on a mis le «bas de laine» des Québécois entre les mains d’un ancien banquier, sans aucune intervention de l’État, qui a géré le tout comme une «économie casino». La faille, semble-t-il, proviendrait justement d’une recherche de profits à court terme, justifiée par l’investissement dans des titres plus risqués. La solution? Doter la Caisse de dépôt d’une nouvelle pensée axée sur le financement responsable et d’une vision à plus long terme.
Il n’existe pas de solution préalablement construite pour enrayer le désordre économique auquel le Québec fait face, mais quoi qu’il en soit, la coopération et l’apport de nouvelles idées ne feront qu’enrichir le débat démocratique.
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