Le musicien Zal Idrissa Sissokho vient du Sénégal, et la danseuse Tapa Diarra, du Mali. Ils se sont rencontrés à Montréal, où ils vivent depuis une dizaine d’années. Avec quatre autres musiciens, ils promettent de faire lever le public du Centennial le 26 mars prochain.
Louis Pascal Perreault
Mais ce ne sera pas facile de faire lever cette salle, conçue pour qu’on y reste assis… «Chez nous, dans les soirées, on ne s’assoit pas. On est entre nous, avec la famille et les amis, on se lève et on danse! C’est le but recherché par le spectacle, et ça fonctionne là où on passe. Les gens viennent chercher quelque chose, et la danse en fait partie», affirme Tapa Diarra. On peut donc s’attendre à une musique qui groove énormément, même si parfois il y aura des moments plus acoustiques et plus calmes. Zal Idrissa Sissokho est d’ailleurs un excellent joueur de kora, un instrument à cordes africain.
Deux porteurs de tradition
«Presque tout ce qu’on fait a déjà été fait. Nous, on prend un héritage, on le travaille, on essaie de véhiculer les sages paroles de nos ancêtres en y mettant notre petite touche, mais c’est de la musique traditionnelle, adaptée à notre propre style», explique Tapa Diarra. «C’est tradi-moderne», renchérit Zal Idrissa.
Les deux compagnons sont des griots, fils et fille de griots. «Les griots, c’est la bibliothèque africaine, c’est la transmission de cette culture de génération en génération. Ce sont des histoires qui sont là depuis des siècles, que nous racontons en mettant la nôtre dedans, en intégrant les influences d’autres musiciens que nous rencontrons», explique la danseuse. Pendant le spectacle, les histoires seront résumées en français, entre deux chansons.
Pour Zal Idrissa Sissokho, le terme «musique africaine», souvent utilisé au Québec, ne peut désigner de façon indifférenciée tout ce qui vient de ce continent, car «la musique de l’Afrique de l’Est n’a rien à voir avec celle de l’Afrique de l’Ouest, ni celle de l’Afrique centrale ou de l’Afrique du Sud». Voilà comment il dessine la carte des influences musicales. Les deux compagnons appartiennent à la tradition de l’ancien empire mandingue qui englobait, à l’ouest, le Sénégal, le Mali, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Burkina…
Vivre au Québec
Ce n’est jamais simple pour un immigrant de s’intégrer à une nouvelle culture. Quand on a la chance d’être musicien, cela facilite certainement la tâche. Dans une ville comme Montréal, avec son été chaud et ses festivals incessants, Tapa Diarra dit se sentir «comme un poisson dans l’eau». De son côté, Zal Idrissa Sissokho multiplie les présences dans les nombreux festivals ainsi que les collaborations de toutes sortes: Richard Séguin, Corneille, le Jubilation Gospel de Montréal, le Cirque du Soleil, les frères Diouf, Yves Lambert, la Bottine Souriante, avec qui ils viennent de jouer à Vancouver. Tous les deux aiment beaucoup la musique traditionnelle d’ici.
Les Sherbrookois sont cordialement invités par les deux artistes, qui promettent une belle rencontre et une soirée magnifique. C’est un rendez-vous au théâtre Centennial de l’Université Bishop, le jeudi 26 mars à 20h. Billetterie: 819 822-9692.

