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Categorized | Culturel

Critiques

Posted on 23 mars 2009 by admin

Maria Schneider Orchestra – Sky Blue, 2007

Michael Janelle-Montcalm

Maria Schneider adore faire du yoga. Elle profite intensément des moments simples de la vie, comme marcher dans Central Park et écouter les oiseaux chanter. Son plus beau souvenir d’enfance est une route que son père empruntait et qui permettait de voir le paysage nocturne illuminé. Aussi, elle est passée maître en composition de jazz symphonique.

Ce style musical n’est pas à la portée de tous (la portée n’ayant malheureusement que 11 places sans extension), mais le style très raffiné de Maria Schneider saura à coup sûr intéresser l’auditeur aventureux. Le son complexe amené par le Maria Schneider Orchestra, un big band de 21 musiciens, reste toujours chaleureux et habité de la même joie de vivre que celle de la compositrice. L’inclusion inhabituelle du chant en tant qu’instrument harmonique ouvre un vaste éventail de textures musicales, qui expriment toutes les facettes du génie de la créatrice.

The Pretty Road présente une montée musicale incroyable avec un moment d’éternité au sommet. Le solo de la trompettiste Ingrid Jensen s’intègre parfaitement à cette excursion. Le tango sensuel représenté par Aires de Lando s’inspire fortement des rythmes brésiliens et fait carrément voyager. La partie plus méditative se trouve à être Rich’s Piece, où l’auteure laisse place au soliste. Cette pièce est plus plaintive et l’improvisation moderne de Rich Perry pourra hérisser certaines oreilles.

De son côté, Cerulean Skies est un véritable tour de force ne durant pas moins de 22 minutes. Dans cette symphonie dédiée aux oiseaux, la musique rayonne du bien-être de profiter des choses essentielles de la vie. La finale fait assurément sourire. La pièce Sky Blue termine le disque avec un sentiment de paix et d’équilibre intérieur. Une expérience magique pour les intéressés! Attention: le disque n’est disponible qu’en ligne, au www.mariaschneider.com.

 

Critique film

Slumdog millionaire (Le pouilleux millionnaire v.f.), Angleterre, Danny Boyle, 2009, 120 min.

Pier-Olivier St-Arnaud

Danny Boyle signe, après Trainspoting, une autre œuvre cinématographique qui passera à l’histoire. Prévu à l’origine pour sortir directement en format DVD, Le pouilleux millionnaire se place désormais au sommet du septième art en remportant plus de huit Oscars et 71 autres prix. Bien que la critique semble unanime au sujet du film, qu’en est-il vraiment?

On tombe sous le charme dès le départ. Les images qui se succèdent sont toutes plus belles les unes que les autres, même lorsqu’on dépeint l’horreur des bidonvilles de Mumbai. Il faut lever notre chapeau aux scénaristes qui ont su fignoler un film sans temps mort, alors que le suspense, l’humour et le drame s’entremêlent. Les neuf acteurs qui incarnent les trois personnages principaux sont fabuleux. Leur jeu est incroyable, surtout celui des plus jeunes. En effet, sans dénigrer leurs collègues adultes, les trois enfants et les trois adolescents volent la vedette. L’espoir malgré l’horreur, c’est l’émotion qu’ils réussissent à susciter, et ce, chez des gens qui n’ont pratiquement aucune idée de ce que l’extrême pauvreté signifie. Bravo!

Le film est indéniablement une œuvre à voir, et c’est garanti, vous adorerez. Le pouilleux millionnaire atteint parfaitement son objectif, soit de divertir tout en éduquant, à travers une histoire dramatique et captivante. Le scénario, la conception visuelle, les acteurs et la musique sont au rendez-vous pour vous tenir en haleine. Si vous ne l’avez pas déjà vu, il est grand temps de remédier à la situation en sautant dans le prochain autobus, direction cinéma!

 

Critique Livre

Les sept jours du Talion, Patrick Sénécal, 333 pages, 2002

Christelle Lyson

Il s’appelle Bruno Hamel, il a trente-huit ans, il est chirurgien. Il habite Drummondville avec Sylvie, sa conjointe, et Jasmine, leur fille de sept ans. Comme tous les gens heureux, il n’a pas d’histoire… jusqu’à ce que Jasmine, par un bel après-midi d’automne, soit violée et assassinée. C’est là que tout bascule et que le livre prend rapidement des allures de roman d’horreur. Comme l’indique clairement le titre, Les Sept Jours du talion est une histoire de vengeance. Hamel le dit: celui qui a violé et tué sa petite fille va souffrir pendant sept jours, après quoi il sera exécuté. Ensuite seulement, lui-même se rendra.

Force est de constater que l’intrigue imaginée par Patrick Senécal est d’une rare intensité, et que les descriptions détaillées rendent certaines scènes très sanglantes et peut-être difficiles à lire, même pour les amateurs d’horreur. Cependant, il est très difficile d’accuser l’auteur de faire étalage d’une violence gratuite, car chacun des gestes de son héros est sans doute provoqué par la folie qui s’est emparée de lui le jour où le détective Mercure lui a annoncé que le présumé meurtrier avait avoué son crime. Cette folie prend d’ailleurs naissance dans des événements survenus de nombreuses années avant le drame et que l’on découvre avec stupeur au fur et à mesure du récit.

Les Sept Jours du talion est d’autant plus prenant que le récit est d’un réalisme troublant et qu’il porte sur deux sujets sensibles: la sécurité des enfants et le droit des victimes de se venger. Sénécal l’illustre dans son récit par les manifestations pour et contre le geste de Bruno Hamel. Œil pour œil, dent pour dent, jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour vous venger?

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