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Categorized | Société

Eaux troubles

Posted on 23 mars 2009 by admin

Le 22 mars dernier a été célébrée la Journée mondiale de l’eau, sous le thème «Les eaux transfrontalières». Alors que les ressources en eau sont limitées et que l’on parle de plus en plus d’exportation et de privatisation, il est primordial de s’y intéresser davantage à cette problématique.

Simon Mongeau-Descôteaux

 

Parce que l’eau est un bien essentiel à la vie, il est capital d’en fournir aux populations de la planète entière. Or l’eau est un bien public et universel soumis à un découpage géographique humain. Cela oblige donc différents pays à se partager des étendues d’eau. En effet, selon le Centre national de recherche scinetifique (CNRS), c’est 40 % de la population mondiale qui est établie dans des bassins hydrographiques transfrontaliers.

 

L’eau, source de conflit?

Ainsi partagée entre diverses nations, l’eau peut alors devenir une source de guerre. En effet, l’absence d’eau dans certaines régions est encore plus problématique lorsque les populations situées en amont polluent et surconsomment le peu d’eau disponible. Les gens situés en aval se retrouvent donc avec une ressource raréfiée et de mauvaise qualité. Globalement, ceci peut entraîner des conflits ou envenimer certaines relations. Plusieurs exemples viennent illustrer les tensions liées à l’eau. Entre les États-Unis et le Mexique, c’est le partage des eaux du Colorado qui pose problème, alors que le fleuve s’assèche au Mexique. Dans un des territoires occupés par Israël, le plateau du Golan, c’est l’approvisionnement en eau qui justifie l’occupation militaire.

 

Toutefois, l’eau n’est pas toujours une source de conflit. En fait, selon Ferran Izquierdo de Universitat Autònoma de Barcelone, «en l’absence d’autre confrontation politique et militaire, l’eau et le bien-être de la population ne deviennent pas un motif de guerre». En fait, l’eau, dans de nombreux cas, est motif de paix. En effet, encore dans le cas d’Israël, un des enjeux dans son conflit avec la Palestine est l’eau. Pourtant, malgré les nombreux différends qui opposent les deux pays, la gestion de l’eau permet aux deux camps de trouver un certain espace de coopération. En 1996, pendant l’intifada, les entrepreneurs palestiniens et les autorités hébraïques travaillaient de concert pour mettre sur pied une station d’épuration qui bénéficie aux deux camps. Éventuellement, les négociations concernant l’eau pourraient mener à des accords de paix plus larges, espère-t-on.

 

Optimiser la ressource

Cette Journée mondiale de l’eau nous rappelle que l’eau est une ressource vitale et rare. Même ici au Québec, où elle est paraît abondante, il faut tout faire en notre pouvoir pour que celle-ci soit utilisée raisonnablement. Ainsi, plusieurs solutions s’offrent à nous pour diminuer notre consommation de cet or bleu: prendre une douche au lieu d’un bain, mettre une bouteille emplie d’eau dans la cuve de sa toilette, garder un pichet d’eau au réfrigérateur, laver sa vaisselle à la main sont tous de bons exemples. Il ne faudrait cependant pas oublier les actions possibles pour maintenir la qualité de l’eau. À cet effet, il est possible de consommer des produits nettoyants écologiques qui ne contiennent pas de phosphates, pas de EDTA et qui sont biodégradables. Si vous utilisez un lave-vaisselle, privilégiez les produits ayant la certification «Eco-Logo», un choix environnemental. Pour davantage de trucs faciles, visitez http://reseauenvironnement.com/peep/trucsetastuces.html.

 

Si vous vous intéressez particulièrement à la question, le Centre universitaire de formation en environnement ainsi que le COGESAF organisent le Rendez-vous international sur la gestion de l’eau à Sherbrooke du 1er au 3 juin. Si vous désirez avoir plus d’informations, visitez le site Internet à www.cogesaf.qc.ca/rv-eau.

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