imprimer cette article imprimer cette article

Categorized | Culturel

Vietnam pour un grilled cheese: du théâtre audacieux

Posted on 23 mars 2009 by admin

Il était une fois deux élèves en études littéraires de l’Université de Sherbrooke animés par une passion commune, le théâtre. Ensemble, Mylène V. Rioux et Mathieu K. Blais ont créé la troupe de théâtre L’Abattoir en avril 2007, qui présente maintenant sa deuxième création: Vietnam pour un grilled cheese.

Audrey-Anne Cusson

«Pendant que le Premier Ministre vietnamien effectue une visite officielle au pays, un homme se rend à l’épicerie pour acheter des tranches de fromage jaune orange.» Voilà comment l’auteur présente sa dernière pièce.
En septembre 2008, la troupe de théâtre L’Abattoir, composée de dix comédiens, dont trois étudiants et une employée de l’Université de Sherbrooke, a entamé la création de ce spectacle unique où se mêlent des événements sordides et ridicules et des personnages caricaturés vivant dans une société morose et terne. Ceux-ci se sentent piégés par les lois trop strictes imposées par une bureaucratie sans visage. Les textes découlent des plus lointains souvenirs enfouis dans la mémoire de l’auteur Mathieu K. Blais, qui laisse sa plume écrire au rythme de ses peurs, de ses questionnements et de tout ce qui peut l’émouvoir. Mais c’est cette particularité de ne pas craindre le ridicule qu’il aime transmettre à ses personnages.

De son côté, Mylène V. Rioux prend en main la mise en scène. Comme elle est la première lectrice et qu’elle assiste à la naissance des personnages, sa tâche commence très tôt dans le processus de création. Par contre, le théâtre étant un domaine où l’on n’obtient jamais la perfection absolue (ou souhaitée), les scènes sont repensées et répétées à maintes reprises avant d’être à la hauteur des aspirations.

S’investir totalement

Derrière la présentation finale se cache un enthousiasme sans limites, mais aussi de nombreuses heures de répétition. Monter une pièce de théâtre, même pour des passionnés, n’est pas une tâche aisée. Les deux créateurs sont aussi enseignants; l’une des difficultés majeures est de concilier l’horaire de tout le monde. Comme peu de commanditaires ont répondu à leurs demandes de financement, ils ont dû créer eux-mêmes les costumes et les décors. Bien que cela augmente la charge de travail, le résultat final est plus que satisfaisant.

Ce qui les motive à continuer? Présenter le fruit de leurs efforts à des centaines de spectateurs. D’ailleurs, ce qui caractérise le mieux cette nouvelle troupe sherbrookoise, c’est son désir omniprésent de charmer autant les amateurs de théâtre que les désintéressés. «Le spectateur n’a pas besoin de réfléchir pour comprendre, seulement de s’asseoir et de se laisser délecter par l’histoire», affirme Mathieu K. Blais. Il se positionne très loin du théâtre prétentieux et incompréhensible. L’Abattoir laisse son auditoire planer dans un univers où se marient le «divertissement pop» à la critique sociale, et tout ceci dans une ambiance délicieusement absurde.

Après le succès de leur première production, Le revolver porte une brassière, voici un autre incontournable à voir au Théâtre Léonard-St-Laurent (200, rue Peel), du 26 au 28 mars 2009 à 20h. On peut acheter les billets en prévente au coût de 12$ chez Musique Cité (169, King Ouest) ou les soirs de présentations, au guichet, pour 15$.

Comments are closed.